Erol JOSUÉ

Un artiste total, magnétique et un briseur de stéréotype. Chanteur incantatoire, danseur androgyne et prêtre reconnu, le dandy haïtien s’investit également dans la vie sociale de son pays. (cit. Libération)

Erol Josué est un électron libre. Entre Miami, Boston, New York, Paris et les îles de la Caraïbe, dont la sienne, Haïti, l’homme n’a ni maître ni dieu pour dessiner son chemin, si ce n’est une passion, le vaudou, et une mission, sa réhabilitation (cit. Marianne.net)

Il est directeur du Bureau national d’ethnologie (BNE) et animateur de plusieurs Master classes et ateliers en résidence à Paris.

«Je viens d’une tradition qui embrasse la totalité de l’art, explique Erol Josué. Elle englobe chant, danse, peinture, artisanat. Et la médecine traditionnelle, la politique …»

«… Ma grand-mère fut une grande mambo, une prêtresse qui connaissait les plantes. Elle a légué ce savoir de "docteur feuilles" à mon père. A sa mort, j’ai pris la relève. »

(cit. Libération)

 Erol Josue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


http://geomuse.fr/artist/erol/

http://next.liberation.fr/musique/2013/04/12/erol-josue-port-de-prince-vaudou_895843

Invitation

Affiche Forum 1100

 

Avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International

 WBI 20 ans logo

 

 

 

 

 

 

 

Présentation du livre de Gaël Turine et Laurent Gaudé EN BAS LA VILLE

Cover ombre 800 

 

 

 

Le photographe Gaël Turine et l’écrivain Laurent Gaudé ont voyagé ensemble à Port-au-Prince. 

Ville fiévreuse et lumineuse dont le centre ville (anba lavil en créole haïtien) est au coeur d’un livre qui rassemble une quarantaine de photographies révélant chaos et poésie. L’écrivain propose un long poème saccadé qui fait entendre la voix d’une mère s’adressant à sa fille et un texte autobiographique qui fait le récit de ses longues promenades dans les rues de la capitale haïtienne avec le photographe. Images et textes dialoguent ici dans un livre-accordéon à la forme originale et aux narrations multiples illustrant leur plongée singulière dans ce pays fragile et fascinant.

Photographies de Gaël Turine - Textes de Laurent Gaudé

Fiche technique :

Dimensions                          15 x 20 cm

Leporello imprimé recto/verso sous étui

Nombre de pages               108     

Photographies                     43

Année de parution             2017

Editeur                                  Le bec en l’air

 

 

Disponible en libraire et à commander sur :

http://www.becair.com/livre/en-bas-la-ville

À côté de l’édition standard, il existe une édition limitée à 20 exemplaires,
accompagnée d’un tirage signé (deux images au choix, dix exemplaires chacune)

Tirage signé, limité à 10 exemplaires, 12 x 18 cm, sur papier Hahnemühle Photo Rag barryta 315 g

Prix 140 euros

 

 

 LAURENT GAUDÉ & GAËL TURINE – EN BAS LA VILLE

Création sonore : Caroline Berliner & Félix Blume

À l’occasion de la sortie du livre En bas la ville, le photographe Gaël Turine et l’écrivain Laurent Gaudé partagent une poésie photographique qui plonge l’auditoire dans une expérience visuelle et auditive haïtienne. Le dialogue entre les photographies et les textes poétiques a pour vocation de créer une immersion dans cette ville fiévreuse et chaotique.

Hybridation entre littérature et photographie, cette déambulation nous guide dans le quotidien des habitants du centre-ville (anba lavil en créole haïtien), dans ses lumières et chaleurs caribéennes. L’imbrication des regards des deux auteurs remet en perspective la réalité désenchantée de la première république noire et par ce biais nous donne « une leçon de beauté et de dignité » précise Laurent Gaudé, saisi par les conditions de vie précaires.

http://www.laurent-gaude.com/biographie

Laurent Gaudé & Gaël Turine, En bas la ville, Le Bec en l’air, 2017.

LAURENT GAUDÉ

Né en 1972, Laurent Gaudé a fait des études de Lettres Modernes et d’Etudes Théâtrales à Paris. C’est à l’âge de vingt cinq ans, en 1997, qu’il publie sa première pièce, Onysos le furieux, à Théâtre Ouvert. Ce premier texte sera monté en 2000 au Théâtre National de Strasbourg dans une mise en scène de Yannis Kokkos. Suivront alors des années consacrées à l’écriture théâtrale, avec notamment Pluie de cendres jouée au Studio de la Comédie Française, Combat de Possédés, traduite et joué (sic) en Allemagne, puis mise en lecture en anglais au Royal National Theatre de Londres, Médée Kali joué au Théâtre du Rond Point et Les Sacrifiées joué au Théâtre des Amandiers à Nanterre, dans une mise en scène de Jena-Louis Martinelli.

Parallèlement à ce travail, Laurent Gaudé se lance dans l’écriture romanesque. En 2001, âgé de vingt neuf ans, il publie son premier roman Cris. L’année suivante, en 2002, il obtient le Prix Goncourt des Lycéens et le prix des libraires avec La mort du roi Tsongor. En 2004, il est lauréat du Prix Goncourt pour Le soleil des Scorta, roman traduit dans 34 pays.

Romancier et dramaturge, Laurent Gaudé est aussi auteur de nouvelles, d’un beau livre avec le photographe Oan Kim, d’un album pour enfants, de scénario. Il s’essaie à toutes ces formes pour le plaisir d’explorer sans cesse le vaste territoire de l’imaginaire et de l’écriture.

http://www.laurent-gaude.com/biographie

Laurent Gaudé en sept dates 

1972 : Naissance à Paris.
1997 : Première pièce de théâtre. Onysos le Furieux est publié en tapuscrit (Théâtre Ouvert)
2000 : Première création théâtrale. Onysos le Furieux est mis en scène par Yannis Kokkos au Théâtre National de Strasbourg.
2001 : Premier roman Cris paraît aux éditions Actes Sud.
2002 : La mort du roi Tsongor obtient le Goncourt des Lycéens.
2004 : Le soleil des Scorta obtient le Prix Goncourt.
2015 : « Danser les ombres », huitième roman, paraît aux éditions Actes Sud
2016 : « Ecoutez nos défaites », aux éditions Actes Sud
2016 : « Ecoutez nos défaites », aux éditions Actes Sud (NDLR)

 

 GAËL TURINE

Né à Nieuport, en Belgique, en 1972, Gaël Turine suit des études de photographie à l’Ecole des Arts Plastiques du 75 de Bruxelles.

Diplômé en 1997, Gaël Turine entame alors une série de reportages au long cours. En 2001, son travail sur les coopératives pour aveugles en Afrique de l’Ouest, est publié sous le titre Aveuglément (PhotoPoche). Son livre Avoir 20 ans à Kaboul est publié en 2003 (Éditions Alternatives). En 2004, lauréat du « Aftermath Grant Project » (Etats-Unis), il repart en Érythrée et termine un projet débuté en 1998. En 2006, le Prix du « Trèfle d’or» lui permet de terminer son projet sur les traces du culte Vaudou. Le livre Voodoo paraît en 2011 (Éditions Lannoo).

Un travail de 3 ans sur 25 malades guéris du cancer aboutit en 2009 à la parution de Aujourd’hui c’est demain (Éditions Delpire). Son travail « Le Mur et la Peur » sur le mur entre l’Inde et le Bangladesh est exposé à Saint-Brieuc en 2012 dans le cadre du Festival Photoreporter et à Perpignan en 2014 dans le cadre du Festival Visa pour l’Image. Le livre paraît en 2014 dans la collection Photopoche. Pour ce travail, il a également été primé en 2013 avec le « Shortlist de l’Anthropographia Awards for Human Rights », dans la catégorie « Still Photography ».

Il a participé à de nombreux ouvrages collectifs. Son travail, abondamment primé et exposé à travers l’Europe et le monde, est régulièrement publié dans la presse nationale et internationale

www.festival-photoreporter.fr/fr/gael-turine

Gaël Turine est l’auteur de plusieurs monographies dont « Aveuglément », dans la collection Photo Poche société, sur les coopératives pour aveugles en Afrique de l’Ouest. En 2004, après plusieurs voyages en Afghanistan, le livre « Avoir 20 ans à Kaboul » est édité. Un travail au long cours, mené avec le cancérologue pédiatrique Eric Sariban, aboutit en 2009 à « Aujourd’hui c’est demain », aux éditions Delpire.

De 2005 à 2010, il se consacre au vaudou pour publier « Voodoo » aux éditions Lannoo. Il a participé à de nombreux ouvrages collectifs. Son travail, souvent exposé, est publié dans la presse internationale, et a également été primé. Depuis ses débuts, il collabore avec différentes ONG. Il a bénéficié de bourses en Europe et aux Etats-Unis. Gaël Turine est membre de l’agence VU.

www.gaelturine.com

 

 

Cycle Arnold Antonin

Du 7 au 11 juin, avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International,  nous avons eu le plaisir d’accueillir Arnold Antonin, le « poteau mitan » des films documentaires haïtiens, indéfectible gardien de la mémoire de ces artistes, peintres, écrivains, architectes et bien d’autres qui font partie intégrante de l’histoire d’Haïti.

Ce fut pour nous une tâche bien légère d’accompagner cette personnalité au caractère généreux et ouvert, et qui ne manque pas d’humour !

Cette semaine fut ponctuée de nombreuses rencontres et rendez-vous, notamment avec le directeur de l’INSAS dont nous ne remercierons jamais assez la disponibilité malgré un agenda fort chargé en cette période d’examens de fin d’année.

Les soirées du 8 et du 9 juin ont permis de rassembler un public nombreux et intéressé autour des documentaires sur René Depestre pour l’une, et de J-S Alexis pour l’autre.

Une rencontre avec le comité de pilotage de la plateforme Haïti a clôturé de manière très conviviale cette semaine grâce à l’accueil chaleureux réservé par Jacques et Henriette Sartiaux.

Pour rappel, ce cycle Arnold Antonin était intégré dans le projet « AYITI LA ! »  organisé par l’ong CEC dans le cadre du 20ème anniversaire de la coopération bilatérale entre Wallonie-Bruxelles et Haïti.

La Plateforme Haïti.be est dépositaire des films d'Arnold Antonin. Vous pouvez vous les procurer au prix  de 20 € le DVD (+ frais d'expédition) en nous envoyant un mail à l'adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Sur demande, nous vous enverrons la liste des DVD disponibles.  

 

Ouragan Matthew : Message de Benoît Michaux

Sur la trajectoire de l’Ouragan Matthew, la Grand’Anse a été particulièrement touchée, emportant la vie de certains, les biens de la plupart et les rêves de tous. Les pluies torrentielles qui ont suivi l’ouragan ont accentué l’isolement et la précarisation des populations rurales.
Les associations ADI et Pro-Action développement, membres de la plateforme sont actives dans cette zones depuis plusieurs années.  ADI dans le domaine de l’enseignement et socio-éducatif. Pro-Action Développement est active dans le domaine de l’hygiène, assainissement et l’approvisionnement en eau.
Plus de 65% des habitations ont été touchées dans l’arrondissement de Corail, la plupart des écoles n’ont pas encore repris à ce jour, les infrastructures sanitaires et d’accès à l’eau ont été anéanties.
Aucune organisation internationale ne s’est déployée sur la zone. Seules la population et les acteurs déjà présents se mobilisent et interviennent avec leurs moyens.
Du côté d’ADI, la radio communautaire continue d’émettre, permet d’informer et de sensibiliser les populations qui restent sinistrées et inaccessibles. La toiture de la moitié de l’école du projet Tipa s’est envolée, mais les bâtiments de l’école primaire n’ont pas été touchés et cela a permis d’accueillir plus de 200 personnes pendant l’ouragan et les pluies diluviennes ; Deux jours après la fin des vents violents, l’école a repris (toutes les classes primaires et maternelles) bien que le matériel pédagogique a été également dégradé. L’école Tipa est l’une des seules de la zone ayant conservé ses activités ; Il est important de relancer directement l’espoir auprès des élèves. ADI focalise ainsi son intervention pour maintenir l’environnement éducatif pour les enfants.
Depuis l’ouragan,  l’équipe de Pro-Action Développement a focalisé directement son intervention sur le traitement de l’eau potable, la sécurisation des infrastructures sanitaires et la sensibilisation aux pratiques d’hygiène permettant d’éviter la propagation des épidémies. En seconde phase, PAD travaille sur la réalisation de nouveaux points d’eau protégés. Les actions ciblant les autres infrastructures sanitaires ne reprendront que dans quelque mois.

 

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Saint-Marc rayée de la carte

Saint-Marc 1« Non, le Nord-ouest ne nous intéresse guère car les bailleurs n’en tiennent pas compte ; seuls les départements de Nippes, du Sud et de la Grand’Anse sont pris en compte dans le déploiement de l’aide internationale en faveur des victimes de l’ouragan du 4 octobre 2016 », déclare un haut cadre d’une organisation non gouvernementale européenne basée en Haïti. Le même réflexe est suivi par les dirigeants de toutes les autres instances de solidarité internationale œuvrant sur le territoire d’Haïti. L’alerte donnée sur tout le pays lors du passage du cyclone Matthew est restée de mise sur seulement 3 départements sur les sept qui ont été touchés par le phénomène.
Les dégâts enregistrés dans la péninsule sud du pays (où sont situés justement les Nippes, le Sud et la Grand’Anse) sont quasi incomparables avec ceux encourus par les populations de l’Ouest, du Nord-Ouest et de l’Artibonite particulièrement. A la limite, les désastres sont moins spectaculaires mais les pauvres victimes souffrent au même titre que celles des autres régions du pays. Dans l’Artibonite, il existe des gens qui ont perdu leurs maisons, leurs champs, leurs bétails tandis que des infrastructures communautaires ont été endommagées.

Saint-Marc 4Parmi les quinze communes composant la région de l’Artibonite, les communes baignées par l’océan sont les plus gravement touchées dont Saint-Marc (sa ville et la plupart de ses six sections communales). Au tout début des évaluations, c’est-à-dire dans les  cinq jours qui ont suivi la catastrophe, les autorités et les organismes de soutien nationaux et internationaux avaient dénombré plus de 180 maisons inondées, 53 maisons endommagées et 98 maisons détruites alors que le nombre de familles qui étaient prises en charge par la DCP (Direction de Protection Civile) était nettement supérieur à tous ces chiffres réunis. Environ trente personnes sont blessées, quatre autres sont mortes et d’autres sont portées disparues. Environ une dizaine d’écoles ne sont point en état de fonctionner. Le plus lourd bilan en termes de pertes personnelles concerne la ville de Saint - Marc, ses quartiers périphériques situés sur le littoral et l’ensemble des zones urbaines regroupées autour du port.

Dans l’univers rural saint-marcois, à proprement parler au sein des sections communales, les dégâts semblent apparemment moins graves et attirent bien moins l’attention des experts et des décideurs. Certes, il y a absence de mort d’homme ou peu de maisons endommagées mais les ruraux en majorité paysanne sont frappés Saint-Marc 2dans ce qui constitue leur plus grand trésor : les champs agricoles. La dévastation d’un nombre incalculable de cultures est à déplorer, ce qui semble augurer un mauvais pronostic dans le combat contre l’insécurité alimentaire. Les bananeraies sont mises à plat dans de nombreuses localités, à Guillon dans les Hauts de Saint-Marc, à Bois-Neuf, à Délugé, à Charettes etc. A défaut de statistiques officielles, le CASEC de Goyavier confirme la destruction de nombreux arbres fruitiers et forestiers dans cette zone montagneuse. Des rizières ont été emportées par les crues durant les fortes pluies provoquées par l’ouragan, les planteurs de Lacome à Grand Fond s’en plaignent désespérément alors que les basses plaines de Bocozelle souffrent d’un plein d’eau destructeur causé par les crues du fleuve Artibonite et du chenal de Salty Floodway. Il convient de souligner que l’agriculture thumb Saint Marc 3haïtienne n’est nullement subventionnée ni assurée, que les agriculteurs locaux dépendent d’eux-mêmes pour la sauvegarde leurs cultures. Les conséquences seront graves dans les mois à venir car l’approvisionnement des marchés ocaux (Marche Dartiguenave, Marché Pont Sondé, Marché Pierre Payen) diminuera en produits locaux.

Le tableau que nous avons dressé ici sur la situation des populations saint-marcoises après le passage du cyclone MATTHEW le 4 octobre dernier est nettement plus exhaustif si l’on s’en tient aux statistiques des Centres opérationnels d’urgence de l’Etat haïtien. Les familles qui sont frappées par la catastrophe sont attrapées dans le gouffre de la décapitalisation et de l’exclusion sociale au même titre que celles dont les images sont affichées sur tous les sites et revues du monde entier. Il est regrettable que les autorités haïtiennes (nationales et locales) ainsi que la société civile oublient tous ces gens démunis et désemparés car leur situation n’est pas moins une situation de crise humanitaire. Saint-Marc semble se départir de sa double vocation et tradition de ville d’accueil, l’un des forts symboles de sa bonne réputation dans la République d’Haïti.

Saint-Marc 5      Saint-Marc 7

 

 

    

 

 

 

Rencontre avec M. Daniel Supplice, Ambassadeur d’Haïti près le Royaume de Belgique


27 octobre 2016

Daniel SuppliceL’Ambassadeur Supplice a réuni en son ambassade un groupe d’associations belges actives en Haïti, notamment Geomoun, Protos Haïti, Caritas International, PAD/ADI, la Plateforme Haïti.be, SOS Haïti Belgium, CSC, Kembe Fem, Techo Amérique latine, Dynamo International, Coordination Europe Haïti, Broederlijk Delen, Codéart, Solidarité Mondiale, Lions Club.

L’Ambassadeur souligne d’emblée la question du peu de résultats engrangés par Haïti alors qu’il est l’un des pays les plus étudiés et les plus aidés durant ces 50 dernières années. Il précise que l’aide que requiert son pays doit être orientée sur le développement durable, que les interventions de la coopération internationale doivent être plus productives, mieux adaptées au contexte local et concertées avec les autorités haïtiennes sectoriellement compétentes. Et il cite en exemple les Ateliers de Camp Perrin, qui constituent à ses yeux une « success story ». Il rappelle que sur 100% d’aide affectée à Haïti par la coopération internationale, 13% seulement atteignent le terrain haïtien, le solde étant absorbé par les frais de fonctionnement des ONG. L’Ambassadeur rappelle l’existence du « Plan quinquennal » comme guide d’action pour les associations.

Concernant l’aide de BEFAST que pouvait offrir la Belgique après le cyclone Matthew si Haïti en faisait la demande, l’Ambassadeur explique qu’une telle demande requérait, au préalable, que soit pris un décret relatif à l’état d’urgence, qui permette notamment d’accorder des franchises à certaines organisations de coopération. Décret qui n’a pas été pris.

Le sujet de la reconstruction est ensuite abordé. L’Ambassadeur déplore que l’on reconstruise trop souvent « à l’identique » après des catastrophes telles qu'un séisme ou un le passage d’un cyclone. Il plaide pour que soit repensé, redessiné l’habitat haïtien sur base de critères parasismiques et paracycloniques, afin que le pays se prémunisse contre les effets destructeurs de telles catastrophes. Et que soit également repensée, pour les mêmes raisons, la distribution de la population sur le territoire haïtien.

Les difficultés de contact sur le terrain avec les autorités haïtiennes sont évoquées. L’Ambassadeur signale qu’il est à la disposition des associations pour faciliter les contacts sur place.

Concernant les élections, l’Ambassadeur confirme qu’elles sont reportées au 20 novembre, qu’un nouveau président devrait entrer en fonction pour le 7 février 2017 et qu’un nouveau gouvernement devrait être mis en place avant la fin mars.

Enfin, le bon travail de la Protection civile haïtienne (centrale et de ses antennes) réalisé lors du cyclone est salué par plusieurs associations.

L’Ambassadeur réitère sa disponibilité pour répondre aux attentes des associations.

Visite, en Belgique, d’une délégation de responsables d’organisations de la société civile haïtienne

Du 27 au 29 juin 2016, trois responsables d’organisations de la société civile haïtienne ont effectué une visite en Belgique, à l’invitation de la Coordination Europe-Haïti (CoEH).

thumb resized DSCN2603La délégation haïtienne était composée de Jocelyn COLAS, de la Commission Episcopale Nationale Justice et Paix (CE-JILAP), Chenet JEAN-BAPTISTE, de l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), et David TILUS, du Groupe d’Action Francophone pour l’Environnement (GAFE).

Elle a rencontré la plateforme européenne CoEH et les deux plateformes belges (Plateforme Haïti.be et Vlaams Haïti Overleg-VHO), ainsi que des membres de Broederlijk Delen ; des responsables de départements du Ministère belge des Affaires étrangères et de la Coopération ; ainsi que des membres du Parlement Européen (MPE) et des responsables géographiques de la Commission Européenne.


Rencontre avec la Plateforme Haïti.be, Vlaams Haïti Overleg (VHO)et la Coordination Europe Haïti (CoEH), tenue le 27 juillet

Les représentants des trois organisations de la société civile (OSC) ont délivré un message résolument positif, invitant de la sorte à poser un autre regard sur la situation en Haïti.

A propos du rôle de la société civile haïtienne, ils ont souligné l’amorce d’une réelle volonté de travailler ensemble, d’une mobilisation constructive et « propositive » (au-delà d’une mobilisation événementielle), visant donc à proposer des alternatives face à la crise prolongée que vit le pays ; la volonté des OSC de participer aux décisions politiques territoriales, d’agir au niveau de la dynamique de développement territorial par le soutien et le renforcement de la société civile des collectivités locales, de contribuer au plaidoyer pour une décentralisation territoriale effective du pays, d’être acteurs de la reconstruction et la réinstitutionnalisation de celui-ci à partir de la base.

Ils ont fortement insisté sur le fait qu’il est essentiel de travailler avec les « acteurs clé » qui sont les leviers d’espoir de la transformation du pays : les jeunes, les femmes et les paysans.

La parole haïtienne se libère progressivement. Les OSC interpellent les autorités publiques dans leur volonté d’être reconnues comme une réelle force pour le développement équitable du pays.

Pour ce qui concerne les associations de la coopération internationale, les représentants des OSC leur demandent de continuer à relayer leurs inquiétudes, d’appuyer leurs propres dynamiques non sur l’assistanat mais bien sur le partenariat, sur les valeurs partagées, sur la solidarité. De favoriser l’investissement productif plutôt que de soutenir des projets récurrents qui perpétuent l’assistanat, afin de favoriser l’autonomisation économique et sociale du pays (appui à l’économie sociale et solidaire, à l’innovation, aux projets « populaires », au travail des organisations haïtiennes locales…).

Sur la question des élections, ils estiment que la meilleure option serait de briser le système de financement étranger afin de promouvoir la prise en main du processus électoral par les Haïtiens eux-mêmes.
Les orateurs haïtiens signalent que l’opinion publique haïtienne est aujourd’hui plus mature. Ils attirent l’attention sur le fait que, pour la première fois au sein d’une crise conjoncturelle en Haïti, il n’y a pas eu de recours aux armes pour prendre le pouvoir.


Rencontre avec des responsables de départements du Ministère belge des Affaires étrangères et de la Coopération, tenue le 28 juillet

La délégation haïtienne a abordé l’importante question du rôle de la société civile face à la situation difficile que traverse le pays, en insistant tout particulièrement sur les enjeux de l’agriculture paysanne et du développement local en général, ainsi que sur la place prépondérante à accorder aux jeunes et aux femmes dans le développement du pays.

Les représentantes du Ministère belge des Affaires étrangères et de la Coopération (SPFAE-C) ont souligné l’attention spéciale accordée par le ministre de la coopération aux enjeux de la digitalisation comme outil de déploiement économique et social. Et la priorité accordée, dans le financement de projets de coopération, à ceux qui contribuent à renforcer l’autonomie des acteurs locaux.


Rencontre avec des membres du Parlement Européen (MPE) et des responsables géographiques de la Commission Européenne

En dépit des agendas bien chargés des MPE en raison du « BREXIT », la délégation haïtienne a eu l’opportunité de rencontrer plusieurs d’entre eux, ainsi que des responsables géographiques de la Commission UE. Certains d’entre eux avaient participé à la mission d’observation électorale de 2015 en Haïti.

La question du processus électoral de 2015 a été abordée d’emblée. La délégation haïtienne a tenté de défendre la position de la Commission Indépendante d’Evaluation et de Vérification Électorale haïtienne (CIEVE), qui a conclu que de nombreuses irrégularités importantes avaient entaché le processus électoral et, sur cette base, a recommandé l’organisation de nouvelles élections.
Leurs interlocuteurs européens ont signalé s’en tenir strictement aux conclusions du rapport de la Mission d’observation électorale de l’Union Européenne, qui a validé les élections de 2015, en soulignant que la CIEVE n’avait pas apporté de preuves suffisantes de ses allégations et que Haïti n’avait pas respecté les recommandations du rapport de l’UE. La délégation haïtienne n’a pas réussi à convaincre ses interlocuteurs européens du bien-fondé de la position de la CIEVE. Mais elle a pour le moins eu l’occasion de faire entendre son point de vue. David Tilus a ainsi souligné, de façon très appuyée, le rôle positif et constructif que jouent les organisations de la société civile haïtiennes face à la crise.

Lors d’un entretien séparé, Mme Valenciano (MPE - Chef de la mission d’observation électorale en Haïti en 2015) a signalé que l’UE ne participerait plus à une mission d’observation en Haïti mais qu’elle continuerait à suivre le processus électoral qui s’y déroule en raison de son intérêt pour le pays et son peuple.

Après la Belgique, la délégation haïtienne s’est rendue en France, où elle a rencontré différentes institutions et organisations françaises.

ENJEUX ET CONTEXTE DE LA CRISE ÉLECTORALE EN HAÏTI

Echos de la conférence donnée par M. Augustin ANTOINE, sociologue haïtien le 8 juin 2016 à la Maison de l’Amérique latine

La société haïtienne est aujourd’hui :
-    Dépendante, surtout de la diaspora, de l’ONU, des ONGs et autres organismes de la communauté internationale ;
-    Déconstruite, désagrégée ;
-    Affaiblie, agenouillée ;
-    En effort pour sortir des séquelles de la dictature, de l’héritage colonial.

Le pays fait face à des difficultés institutionnelles aggravées du fait d’une crise à trois niveaux : Parlement, Pouvoir exécutif et Pouvoir judiciaire, accompagnée d’une crise au niveau de la cohérence, de l’articulation entre ces trois pouvoirs.

Le trop grand nombre de partis reflète la fragmentation de la société, est l’expression d’une société dramatiquement éclatée. Les partis politiques eux-mêmes s’effondrent.

Dans cette société en crise, il convient de mettre en évidence :
-    De réels efforts pour entrer dans la modernité ;
-    Une lutte désespérée pour entrer dans la démocratie ;
-    L’incapacité de l’Etat à faire face aux crises.

Le « modèle de l’Etat oligarchique » a atteint ses limites, il est incapable de se renouveler dans ses pratiques. Le pouvoir et les ressources ont été confisqués par les « les élites », ce que l’on peut cataloguer de « pillage systématique par l’oligarchie ».

Les revendications se transforment. L’abandon dont souffre le monde rural de la part de l’Etat pousse les paysans à émigrer vers les villes pour exister comme citoyens pris en compte par l’Etat ; ils veulent voter, avoir une place dans la société. On est entré dans l’ère du débat, de la volonté de participer.

Haïti vit une crise globale de modèle : la question des élections se greffe sur la grave crise sociétale qu’elle accentue inévitablement, sur la faillite de l’Etat, sur la déroute de l’intelligence.

Les 18% de votants lors des dernières élections témoignent du fait que le pays ne croyait plus dans le processus électoral. La mise en place d'une commission d’évaluation et de vérification des élections, qui a statué dans le sens de la confirmation de graves irrégularités dans le processus électoral mis en cause et de l'organisation de nouvelles élections, constitue un réel pas en avant.

Mais la crise électorale se caractérise également par une « crise de l’alternative » ; le « nouveau » n’est pas identifié et dès lors pas proposé : « penser autrement, agir autrement ». Une refondation est indispensable. L’Etat doit être à l’écoute du changement, l’accompagner. Il doit créer les conditions pour une participation populaire.

Pour ce qui concerne le civisme, force est de constater que le terrain individuel a pris le pas sur le terrain collectif.

La classe moyenne se trouve décapitalisée et dès lors en situation de précarité, en raison de la mise en application du plan néo-libéral de développement. L’Etat haïtien n’a pas de politique d’intervention en soutien / impulsion des petits entrepreneurs, notamment ceux affectés par le séisme. Le vieux système en vigueur est fondé sur la rente. On est en quelque sorte face au développement du sous-développement. Dans cette logique, plus on avance et plus on s’enfonce.

Les partis élitistes ne s’implantent pas dans la population, le peuple de les connaît pas vraiment.

Les mouvements sociaux doivent contribuer à créer une « nouvelle conscience populaire ». Actuellement, ils sont dans une démarche de lutte défensive, de protestation, de résistance. Ils devraient s’engager dans une lutte « affirmative, propositive ». Il y a une véritable incapacité à proposer.

Le changement aujourd’hui peut être porté par les jeunes, qui représentent 63% de la population, et les femmes qui en représentent 41%.

Qu’en est-il du travail de mémoire en Haïti ? On observe un réel problème d’amnésie, un oubli des origines, une perte du fil de l’Histoire. La question qui se pose est : comment se réapproprier la mémoire, comment reconstituer, refonder le présent à partir des acquis du passé ? Le peuple haïtien est à ce point attaché à la question de la survie qu’il est incapable de prendre du recul face à l’Histoire. Haïti perd ses repères historiques, ne prend pas le temps de se pencher sur l’Histoire.

Des nouvelles de la Plateforme Haïti.be

D’importants contacts et rencontres ont jalonné le parcours de notre plateforme ces derniers mois.
Des contacts et rencontres essentiels car ils nous éclairent sur les réalités des terrains où nous déployons nos actions, renforcent notre détermination et ouvrent de nouveaux horizons à notre coopération avec Haïti.

Trois pistes de réflexion/action se dégagent des dernières rencontres.

    Dans le suivi de la fructueuse rencontre entre la PLFH et Renold Telfort, Directeur général du Ministère haïtien de l’Education et de la Formation professionnelle (29/09/2015), et sur recommandation de ce dernier, il apparaît essentiel de renforcer la sensibilisation de nos membres sur l’importance non seulement d’aligner leurs actions éducatives sur les priorités du Ministère de l’Education, mais aussi d’établir des relations en Haïti entre les initiatives qu’ils soutiennent et les autorités sectorielles locales (direction régionale, district scolaire), dans la perspective d’une collaboration, voire d’un éventuel soutien.

haitifutur    L’Institut de l’Avenir (Carrefour, Port-au-Prince) utilise une technologie numérique très performante dans l’enseignement, à savoir le tableau numérique et interactif, qui permet à l’élève de comprendre et raisonner les contenus, et non plus seulement de les mémoriser. Les programmes de cours (logiciels) sont conçus en Haïti en conformité avec les programmes du Ministère de l’Education. Les enseignants sont formés à l’utilisation de cette technologie et jusqu’à la conception de programmes de cours. L’initiative est soutenue notamment par l’association française « Haïti Futur » qui a son siège à Paris et dont la présidente est Josette Bruffaerts-Thomas.(  Haïti Futur ). Des échanges sont en cours entre cette association et notre plateforme en vue d’un rapprochement et, pourquoi pas, d’une éventuelle collaboration autour de cette dynamique éducative.

    La poursuite de notre collaboration avec l’Ecole normale catholique du Brabant wallon (ENCBW) est également au programme d’action de notre plateforme, notamment via l’accompagnement d’étudiants finalistes qui envisagent d’effectuer un stage de fin d’études en Haïti. Par ailleurs, le 26 octobre dernier, la PLFH a participé au cursus de pédagogie comparée destiné aux étudiants du Certificat international en pédagogie comparée de l’ENCBW (année de spécialisation). L’objectif était d’offrir aux étudiants un éclairage sur le système éducatif d’Haïti.(Plus d'informations:cliquez ICI

COFAjoutons qu’une présentation de la Plateforme Haïti.be a été réalisée au centre d’Orientation et de Formation COF d’Amay (http://www.cof.be/ ), à l’occasion d’une rencontre à laquelle participaient des représentants de WBI et APEFE, des professeurs et stagiaires du COF et deux techniciens haïtiens en séjour de formation dans le cadre de la mise au point d’une unité mobile de formation en cuisine/pâtisserie, sur financement APEFE/WBI. Il s’agit de l’aménagement d’un container qui sera envoyé en Haïti, où il sera fixé sur un camion et permettra de développer un programme de formations itinérantes en partenariat avec l’Institut national de Formation professionnelle (INFP). Une initiative innovante remarquable, très bien conçue et inscrite dans les réalités du terrain haïtien.

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