Rencontre avec M. Daniel Supplice, Ambassadeur d’Haïti près le Royaume de Belgique


27 octobre 2016

Daniel SuppliceL’Ambassadeur Supplice a réuni en son ambassade un groupe d’associations belges actives en Haïti, notamment Geomoun, Protos Haïti, Caritas International, PAD/ADI, la Plateforme Haïti.be, SOS Haïti Belgium, CSC, Kembe Fem, Techo Amérique latine, Dynamo International, Coordination Europe Haïti, Broederlijk Delen, Codéart, Solidarité Mondiale, Lions Club.

L’Ambassadeur souligne d’emblée la question du peu de résultats engrangés par Haïti alors qu’il est l’un des pays les plus étudiés et les plus aidés durant ces 50 dernières années. Il précise que l’aide que requiert son pays doit être orientée sur le développement durable, que les interventions de la coopération internationale doivent être plus productives, mieux adaptées au contexte local et concertées avec les autorités haïtiennes sectoriellement compétentes. Et il cite en exemple les Ateliers de Camp Perrin, qui constituent à ses yeux une « success story ». Il rappelle que sur 100% d’aide affectée à Haïti par la coopération internationale, 13% seulement atteignent le terrain haïtien, le solde étant absorbé par les frais de fonctionnement des ONG. L’Ambassadeur rappelle l’existence du « Plan quinquennal » comme guide d’action pour les associations.

Concernant l’aide de BEFAST que pouvait offrir la Belgique après le cyclone Matthew si Haïti en faisait la demande, l’Ambassadeur explique qu’une telle demande requérait, au préalable, que soit pris un décret relatif à l’état d’urgence, qui permette notamment d’accorder des franchises à certaines organisations de coopération. Décret qui n’a pas été pris.

Le sujet de la reconstruction est ensuite abordé. L’Ambassadeur déplore que l’on reconstruise trop souvent « à l’identique » après des catastrophes telles qu'un séisme ou un le passage d’un cyclone. Il plaide pour que soit repensé, redessiné l’habitat haïtien sur base de critères parasismiques et paracycloniques, afin que le pays se prémunisse contre les effets destructeurs de telles catastrophes. Et que soit également repensée, pour les mêmes raisons, la distribution de la population sur le territoire haïtien.

Les difficultés de contact sur le terrain avec les autorités haïtiennes sont évoquées. L’Ambassadeur signale qu’il est à la disposition des associations pour faciliter les contacts sur place.

Concernant les élections, l’Ambassadeur confirme qu’elles sont reportées au 20 novembre, qu’un nouveau président devrait entrer en fonction pour le 7 février 2017 et qu’un nouveau gouvernement devrait être mis en place avant la fin mars.

Enfin, le bon travail de la Protection civile haïtienne (centrale et de ses antennes) réalisé lors du cyclone est salué par plusieurs associations.

L’Ambassadeur réitère sa disponibilité pour répondre aux attentes des associations.