Saint-Marc rayée de la carte

Saint-Marc 1« Non, le Nord-ouest ne nous intéresse guère car les bailleurs n’en tiennent pas compte ; seuls les départements de Nippes, du Sud et de la Grand’Anse sont pris en compte dans le déploiement de l’aide internationale en faveur des victimes de l’ouragan du 4 octobre 2016 », déclare un haut cadre d’une organisation non gouvernementale européenne basée en Haïti. Le même réflexe est suivi par les dirigeants de toutes les autres instances de solidarité internationale œuvrant sur le territoire d’Haïti. L’alerte donnée sur tout le pays lors du passage du cyclone Matthew est restée de mise sur seulement 3 départements sur les sept qui ont été touchés par le phénomène.
Les dégâts enregistrés dans la péninsule sud du pays (où sont situés justement les Nippes, le Sud et la Grand’Anse) sont quasi incomparables avec ceux encourus par les populations de l’Ouest, du Nord-Ouest et de l’Artibonite particulièrement. A la limite, les désastres sont moins spectaculaires mais les pauvres victimes souffrent au même titre que celles des autres régions du pays. Dans l’Artibonite, il existe des gens qui ont perdu leurs maisons, leurs champs, leurs bétails tandis que des infrastructures communautaires ont été endommagées.

Saint-Marc 4Parmi les quinze communes composant la région de l’Artibonite, les communes baignées par l’océan sont les plus gravement touchées dont Saint-Marc (sa ville et la plupart de ses six sections communales). Au tout début des évaluations, c’est-à-dire dans les  cinq jours qui ont suivi la catastrophe, les autorités et les organismes de soutien nationaux et internationaux avaient dénombré plus de 180 maisons inondées, 53 maisons endommagées et 98 maisons détruites alors que le nombre de familles qui étaient prises en charge par la DCP (Direction de Protection Civile) était nettement supérieur à tous ces chiffres réunis. Environ trente personnes sont blessées, quatre autres sont mortes et d’autres sont portées disparues. Environ une dizaine d’écoles ne sont point en état de fonctionner. Le plus lourd bilan en termes de pertes personnelles concerne la ville de Saint - Marc, ses quartiers périphériques situés sur le littoral et l’ensemble des zones urbaines regroupées autour du port.

Dans l’univers rural saint-marcois, à proprement parler au sein des sections communales, les dégâts semblent apparemment moins graves et attirent bien moins l’attention des experts et des décideurs. Certes, il y a absence de mort d’homme ou peu de maisons endommagées mais les ruraux en majorité paysanne sont frappés Saint-Marc 2dans ce qui constitue leur plus grand trésor : les champs agricoles. La dévastation d’un nombre incalculable de cultures est à déplorer, ce qui semble augurer un mauvais pronostic dans le combat contre l’insécurité alimentaire. Les bananeraies sont mises à plat dans de nombreuses localités, à Guillon dans les Hauts de Saint-Marc, à Bois-Neuf, à Délugé, à Charettes etc. A défaut de statistiques officielles, le CASEC de Goyavier confirme la destruction de nombreux arbres fruitiers et forestiers dans cette zone montagneuse. Des rizières ont été emportées par les crues durant les fortes pluies provoquées par l’ouragan, les planteurs de Lacome à Grand Fond s’en plaignent désespérément alors que les basses plaines de Bocozelle souffrent d’un plein d’eau destructeur causé par les crues du fleuve Artibonite et du chenal de Salty Floodway. Il convient de souligner que l’agriculture thumb Saint Marc 3haïtienne n’est nullement subventionnée ni assurée, que les agriculteurs locaux dépendent d’eux-mêmes pour la sauvegarde leurs cultures. Les conséquences seront graves dans les mois à venir car l’approvisionnement des marchés ocaux (Marche Dartiguenave, Marché Pont Sondé, Marché Pierre Payen) diminuera en produits locaux.

Le tableau que nous avons dressé ici sur la situation des populations saint-marcoises après le passage du cyclone MATTHEW le 4 octobre dernier est nettement plus exhaustif si l’on s’en tient aux statistiques des Centres opérationnels d’urgence de l’Etat haïtien. Les familles qui sont frappées par la catastrophe sont attrapées dans le gouffre de la décapitalisation et de l’exclusion sociale au même titre que celles dont les images sont affichées sur tous les sites et revues du monde entier. Il est regrettable que les autorités haïtiennes (nationales et locales) ainsi que la société civile oublient tous ces gens démunis et désemparés car leur situation n’est pas moins une situation de crise humanitaire. Saint-Marc semble se départir de sa double vocation et tradition de ville d’accueil, l’un des forts symboles de sa bonne réputation dans la République d’Haïti.

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