Education et Formation

GROUPE DE TRAVAIL « EDUCATION ET FORMATION » (GTEF)

3 ANS APRÈS … , rapport d'activités

Constitué en 2013, notre groupe de travail « éducation et formation » (GTEF) propose son bilan provisoire...

Information

Notre premier souci : faire le point sur la situation de la formation et de l’éducation en Haïti.  Nos recherches et nos rencontres nous ont amenés à confirmer un constat fort préoccupant : taux de fréquentation scolaire trop limité, taux d’élèves suragés trop élevé, formation des maîtres déficiente, sous-financement des établissements scolaires, …  Tout cela, malgré les promesses des autorités : programme « Education Pour Tous » (EPT), « Programme de Scolarisation Universelle, Gratuite et Obligatoire » (PSUGO). Deux dossiers ont été diffusés à ce sujet.

Objectifs

Nous nous sommes alors fixé trois objectifs :
•    Contribuer à améliorer la pertinence, l’efficacité et l’efficience des projets/programmes éducatifs et formatifs soutenus en Haïti par les membres de la PLFH ;
•    Soutenir les acteurs sectoriels haïtiens pour la promotion, la diffusion et la multiplication des initiatives pilotes axées sur une éducation et une formation en phase avec les réalités et besoins du pays ;
•    Soutenir les efforts déployés pour sensibiliser les responsables politiques, administratifs et le public en général aux défis et enjeux des politiques éducatives en Haïti et contribuer de la sorte à relayer la parole des Haïtiens sur la scène nationale et internationale.

Pistes et partenaires

Plusieurs rencontres, en Belgique et en Haïti, nous ont permis d’identifier des pistes d’amélioration, dont nos membres peuvent s’inspirer dans le cadre de leurs projets de soutien.  Nous avons également découvert des partenaires potentiels, que nous voulons promouvoir et avec lesquels nos associations pourraient collaborer.  Notamment, nous avons été tout particulièrement séduits par les démarches de réflexion, d’analyse et d’éducation populaire entreprises par l’ICKL (« Institut Culturel Karl Lévêque » à Port-au-Prince), de même que par le programme que propose l’association française « Haïti Futur » : rénovation pédagogique et formation des maîtres par l’utilisation du tableau numérique.
Par ailleurs, nous sommes entrés en contact avec l’Ecole Normale Catholique du Brabant Wallon à Louvain-la-Neuve (Section « Certificat International de Pratiques Pédagogiques Comparées »), avec laquelle un partenariat est envisagé.

Contact avec les autorités haïtiennes

Notre rencontre avec Renold TELFORT, directeur général du Ministère haïtien de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), nous a permis de relayer nos interrogations et nos suggestions, mais aussi de mieux comprendre les difficultés avec lesquelles doivent se débattre les responsables du MENFP.

Possibilités de subsidiation

Par ailleurs, nous avons identifié la possibilité de soumettre à la subsidiation des projets communs à plusieurs de nos associations membres, notamment auprès de l’APEFE (Association pour la Promotion de l'Education et de la Formation à l'Etranger) et de WBI (Wallonie-Bruxelles International).

Le temps de l’action !
Le terrain est préparé : c’est maintenant le temps de l’action !  Une de nos associations est déjà engagée dans un partenariat avec « Haïti Futur ».  Un projet commun devrait être soumis à WBI dans le cadre de son appel à projets « coopération décentralisée » de 2017.  Ce n’est qu’un début, à poursuivre et à amplifier …
Appel est lancé à tous nos membres désireux de creuser ces pistes et d’en proposer d’autres !


Les membres du GTEF : Jeannine Fally (coordinatrice), Sophie Torfs (CASIW), Martine Plevoets (Luthiers sans frontières), Geneviève Fuks (Geomoun), Laurence Rossius (Ayiti Kinanm) et Luc Daele (Theux/Saint-Michel).

GTEF, 3 ANS APRÈS …

PLATEFORME HAÏTI.BE - GROUPE DE TRAVAIL « EDUCATION ET FORMATION » (GTEF)

Constitué en 2013, notre groupe de travail « éducation et formation » (GTEF) propose son bilan provisoire...

Information
Notre premier souci : faire le point sur la situation de la formation et de l’éducation en Haïti.  Nos recherches et nos rencontres nous ont amenés à confirmer un constat fort préoccupant : taux de fréquentation scolaire trop limité, taux d’élèves suragés trop élevé, formation des maîtres déficiente, sous-financement des établissements scolaires, …  Tout cela, malgré les promesses des autorités : programme « Education Pour Tous » (EPT), «Programme de Scolarisation Universelle, Gratuite et Obligatoire » (PSUGO). Deux dossiers ont été diffusés à ce sujet (GTEF : rapport d'activités).

Objectifs
Nous nous  sommes alors fixé trois objectifs :
1.    Contribuer à améliorer la pertinence, l’efficacité et l’efficience des projets/programmes éducatifs et formatifs soutenus en Haïti par les membres de la PLFH ;
2.    Soutenir les acteurs sectoriels haïtiens pour la promotion, la diffusion et la multiplication des initiatives pilotes axées sur une éducation et une formation en phase avec les réalités et besoins du pays ;
3.    Soutenir les efforts déployés pour sensibiliser les responsables politiques, administratifs et le public en général aux défis et enjeux des politiques éducatives en Haïti et contribuer de la sorte à relayer la parole des Haïtiens sur la scène nationale et internationale.

Pistes et partenaires
Plusieurs rencontres, en Belgique et en Haïti, nous ont permis d’identifier des pistes d’amélioration, dont nos membres peuvent s’inspirer dans le cadre de leurs projets de soutien.  Nous avons également découvert des partenaires potentiels, que nous voulons promouvoir et avec lesquels nos associations pourraient collaborer.  Notamment, nous avons été tout particulièrement séduits par les démarches de réflexion, d’analyse et d’éducation populaire entreprises par l’ICKL ( Institut Culturel Karl Lévêque – http://www.icklhaiti.org/ ), de même que par le programme que propose l’association française HAÏTI FUTUR (http://www.haitifutur.com/) : rénovation pédagogique et formation des maîtres par l’utilisation du tableau numérique. Autre ressource encore : la fondation TIPA TIPA ( http://tipatipa.org/ ), qui propose un programme de formation adapté à la réalité haïtienne et visant à la citoyenneté responsable.
Par ailleurs, nous sommes entrés en contact avec l’Ecole Normale Catholique du Brabant Wallon à Louvain-la-Neuve (Section « Certificat International de Pratiques Pédagogiques Comparées »), avec laquelle un partenariat est déjà amorcé.
Contact avec les autorités haïtiennes
Notre rencontre, fin 2015, avec Renold TELFORT, alors directeur général du Ministère haïtien de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), nous a permis de relayer nos interrogations et nos suggestions, mais aussi de mieux comprendre les difficultés avec lesquelles doivent se débattre les responsables du MENFP.
Possibilités de subsidiation
Par ailleurs, nous avons identifié la possibilité de soumettre à la subsidiation des projets communs à plusieurs de nos associations membres, notamment auprès de WBI (Wallonie-Bruxelles International).

Le temps de l’action !
Le terrain est préparé : c’est maintenant le temps de l’action !  Une de nos associations est déjà engagée dans un partenariat avec « Haïti Futur ».  Un projet commun devrait être soumis à WBI dans le cadre de son appel à projets « coopération décentralisée » de 2017.  Ce n’est qu’un début, à poursuivre et à amplifier …
Appel est lancé à tous nos membres désireux de creuser ces pistes et d’en proposer d’autres !

Luc Daele

Les membres du GTEF : Jeannine Fally (coordinatrice), Sophie Torfs (CASIW/WBI), Martine Plevoets (Luthiers sans frontières), Geneviève Fuks (Geomoun), Laurence Rossius (Ayiti Kinanm) et Luc Daele (Theux/Saint-Michel).

PROJET DE RÉNOVATION PEDAGOGIQUE À MISSY DOSSOUS

« UNE ÉDUCATION PRIMAIRE DE QUALITÉ POUR TOUS »

En partenariat avec "HAÏTI FUTUR" et la COMMUNE DE THEUX

facadeComme nous nous y attelons depuis 2006, il s’agit pour nous et nos partenaires haïtiens de maintenir et de développer l’école fondamentale de MISSY DOSSOUS à Saint-Michel de l’Attalaye (Haut Artibonite) : 3 classes d’école maternelle et 6 classes d’enseignement primaire.
Cette école est gérée par l’association haïtienne ACCORD, notre partenaire direct sur place.
L’enseignement dispensé et les diplômes délivrés sont reconnus par le gouvernement haïtien mais aucun subside de l’état n’est parvenu jusqu’à présent, malgré les nombreuses démarches déjà entreprises à cet effet et les promesses de subvention jusqu’à présent non tenues.  Avec notre aide, les responsables d’ACCORD ont dû se débrouiller pour trouver les fonds nécessaires à la création et à la survie de ce projet.

ecole maternelle99 élèves en 2006-2007, plus de 320 élèves à la rentrée 2015-2016 !  L’école a notamment accueilli pas mal d'enfants de familles réfugiées de Port-au-Prince à Saint-Michel suite au séisme de janvier 2010.

Cette école fonctionne donc depuis près de 10 ans et la qualité de l’enseignement qui y est dispensé est officiellement reconnue. Il n’en reste pas moins que le matériel pédagogique manque ou est désuet et que la formation des enseignants est souvent limitée et archaïque. Cette situation limite fortement les enseignants dans leurs possibilités de développer une pédagogie adaptée au monde d’aujourd’hui et au besoin de la société haïtienne, en particulier.
ecole primaireNotre volonté consiste donc non seulement à assurer une éducation, mais une éducation « de qualité » allant au-delà des exigences des programmes scolaires nationaux.  Pour tendre vers cet objectif, un premier projet nous a amenés, en 2011, à constituer une bibliothèque de livres et de documents adaptés.
Par ailleurs, depuis 2 ans et notamment à l’occasion de nos visites sur place, nous entretenons de nombreux contacts avec des associations qui développent, en Haïti, des programmes d’éducation et de formation en relation directe avec les programmes scolaires haïtiens mais avec un objectif supplémentaire de dynamisation des apprentissages et d’éducation à la citoyenneté.  Nous avons tout particulièrement été séduits par la démarche pédagogique innovante développée par l’association française « Haïti Futur » : tableau numérique interactif, formation des enseignants à son utilisation technique, pédagogique et éducative, et fourniture de manuels didactiques en français et en créole. Nous sommes convaincus que le recours à de tels outils permettrait un progrès significatif dans le sens d’une rénovation pédagogique souhaitable mais favoriserait aussi une mise en réseau de cette école rurale isolée, grâce aux contacts nécessaires avec d’autres écoles haïtiennes utilisant le même programme.  Voir à ce sujet le site web http://www.haitifutur.com/index.htm.
rentrée des classesIl faut insister sur le fait qu’un tel matériel numérique (dont beaucoup d’écoles belges ne disposent pas !) n’est, en fait, qu’un prétexte et un incitant destiné à mettre les enseignants en recherche dans la voie d’une rénovation indispensable de leurs pratiques, à les motiver et à les convaincre de la nécessité d’une formation complémentaire que ne leur proposent pas les autorités nationales ni départementales.
Mais ce type de rénovation pédagogique par le numérique suppose la mise en place d’une condition préalable, à savoir des installations techniques adaptées : électrification durable des bâtiments et liaison à l’internet. Cette étape préparatoire a été réalisée en 2014.
Pour pouvoir engager la formation des enseignants, il nous reste donc à équiper l’école d’un exemplaire du matériel nécessaire. C’est à sujet que nous avons sollicité et obtenu l’appui financier de la commune de Theux, dans le cadre d’un appel à projets « Objectifs du millénaire », avec l’intention de réaliser cet équipement dès l’année scolaire 2016-2017.
L’implantation durable de cette rénovation pédagogique devra, elle, s’étaler sur 2 ou 3 années scolaires.

 

Haïti Futur : Une rencontre captivante et enrichissante

 

DSCN2405Le 12 mars, le Comité de pilotage et le Groupe de travail Education/Formation de la Plateforme Haïti.be ont rencontré, avec le plus grand plaisir, Josette et Jean-Claude Bruffaerts-Thomas, responsables de « Haïti Futur », dans la perspective de collaborations futures. L’objectif poursuivi par cette association - basée en France - est de contribuer à ce que chaque enfant haïtien ait accès à un enseignement de qualité.thumb DSCN2406DSC04456

En étroite collaboration avec le Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, « Haïti Futur » œuvre à installer des équipements numériques dans les écoles primaires, tant publiques que privées, notamment dans les zones les plus touchées par le séisme. L’association développe en outre un important programme de formation des enseignants haïtiens à l’utilisation de la technologie numérique. Elle soutient également la création de contenus numérisés en créole et en français, élaborés en Haïti et en France, et les met à disposition des enseignants. Actuellement, 200 écoles, soit quelque 20 000 élèves, bénéficient de cette nouvelle méthode d’apprentissage.

L’enseignement numérique présente de nombreux atouts. Il constitue notamment une porte d’entrée pour inscrire l’apprentissage dans la modernité, tant au niveau des élèves que des enseignants. C’est ainsi l’occasion, pour les enseignants dont la formation académique de base et pédagogique est limitée, voire réellement déficiente, d’assimiler au mieux les contenus à enseigner tout en se formant à l’utilisation de cet outil pédagogique très performant, qui introduit une dimension réellement interactive et ludique dans l’apprentissage.

DSC04473 Le coût de l’équipement de base par école se situe à un niveau abordable. Etant à la disposition de plusieurs classes d’une même école, son rapport coût/bénéfices est excellent.

La prochaine réunion plénière de la Plateforme Haïti.be sera une belle occasion pour examiner, avec tous les membres, les atouts, la portée et les étapes de la mise en place de cette dynamiqueDSCN2397 numérique, ainsi que les éventuelles pistes de collaboration avec Haïti Futur.DSC04463

Pour infos : www.haitifutur.com

 

 

 

 

L'enseignement en Haïti : Présentation de M. Rénold Telfort, le 29 septembre 2015

Monsieur RenTelfort 1old Telfort, Directeur général du Ministère haïtien de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, a effectué en Wallonie-Bruxelles une mission exploratoire et de contacts dans le domaine de l’enseignement spécialisé, axée notamment sur la thématique des difficultés d’apprentissage scolaire, le redoublement et l’échec scolaire.
La Plateforme Haïti.be a organisé une rencontre avec Monsieur Telfort afin de mieux connaître la structure de l’Enseignement en Haïti.


Ci-dessous, le compte rendu de cette rencontre.

Dossier d'information

La situation, en bref

Brève synthèse d’un dossier d’information et de réflexion « Haïti – Education et Formation » élaboré par le Comité de Pilotage de la Plateforme (août 2013), à enrichir tout au long de l’année 2013-2014 mais déjà disponible sur le site dans son état provisoire.


Les intentions nationales :

-    La Constitution haïtienne de 1987 garantit le droit à l’éducation de qualité et gratuite.
-    En 2007, un programme « Education pour tous » est initié, comprenant la subvention, la formation des enseignants, le renforcement institutionnel et l’amélioration des compétences en lecture.
-    En 2011, le président Martelly lance le Programme de Scolarisation Universelle, Gratuite et Obligatoire (Psugo), promettant aux écoles inscrites dans ce programme 6 $US/élève dans le secteur public et 90 $US/élève dans le secteur privé, et reprenant les autres objectifs du programme précédent en y ajoutant notamment la supervision scolaire.
-    En août 2014, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le professeur Nesmy Manigat, a annoncé, en présence du président de la République, Michel Joseph Martelly et des acteurs impliqués dans le secteur éducatif, un ensemble de douze dispositions majeures arrêtées par le MENFP pour remembrer le système éducatif et dont l’application sera de mise à partir de cette nouvelle année académique.
1) de la délivrance d’un permis provisoire d’enseigner aux 100 000 enseignants identifiés dans le secteur ;
2) toutes les écoles du territoire (environ 20 000) seront désormais dotées d’une carte d’identité, en attendant d’être licenciées définitivement par le MENFP ;
3) les examens de la 6e année fondamentale vont être organisés dans les écoles ;
4) un seul examen du baccalauréat sera organisé dorénavant, appelé : examens de fin d’études secondaires ;
5) l’école fondamentale va être séparée du secondaire qui commence à partir de la 3e ;
6) toutes les écoles essuyant un taux d’échec d’au moins 80%, seront supervisées par le MENFP à des fins d’encadrement (un comité de gestion sera mis en place pour la gestion du personnel enseignant) ;
7) les écoles nationales sont les établissements prioritaires susceptibles d’accueillir la nouvelle cohorte d’enfants bénéficiaires du PSUGO, sauf dérogation du MENFP ;
8) en conformité avec le décret du 8 septembre 1974, aucune école ne sera autorisée à ouvrir ses portes sans l’autorisation du MENFP ;
9) les enseignants atteignant l’âge de la retraite seront invités par le ministère à placer leur demande de pension, aux fins de faire place aux jeunes connaissances ;
10) toute personne désireuse d’intégrer le système éducatif comme enseignant, doit passer par voie de concours, exception faite pour les écoles de formation des maîtres de l’État ;
11) de concert avec le ministère de la Santé publique (MSPP), le MENFP va entreprendre une campagne de vaccination visant à compléter la carte de vaccination des enfants ;
12) tous les ans, on compte honorer des personnes de toutes les catégories impliquées dans le secteur éducatif.

Les constats :

-    Malgré quelques avancées, annoncées à grand fracas à l’issue des 2 premières années du Psugo, Haïti continue à connaître l’un des plus faibles taux de scolarisation au monde : 76% au niveau primaire – 22% au niveau secondaire.  D’autres statistiques font état d’un taux global de fréquentation de 67 %, qui se réduit à 30 % seulement d’élèves atteignant la fin du cycle primaire.
-    On compte 65 % d’élèves surâgés à l’école fondamentale, en raison de l’importance des redoublements et des entrées tardives.  Par ailleurs, les abandons sont nombreux : le taux de « survie » en 5e année primaire est de 25 %.
-    La qualité de la formation du personnel enseignant et éducatif reste plus que problématique, ce qui influe sur la piètre qualité globale de la formation et de l’éducation, et engendre des grandes différences de niveau entre les écoles.
-    80% de l’offre éducative relève du secteur non-public et la gratuité de l’enseignement reste une réalité très marginale. Or, on constate une détérioration des conditions socio-économiques : « A l’occasion de la rentrée des classes, les parents ne savent à quel saint se vouer pour trouver les moyens nécessaires pour envoyer leurs enfants à l’école. Chaque année, c’est toujours la même rengaine, mais les conditions socio-économiques de la population se sont détériorées encore un peu plus cette année. »
-    La gouvernance en matière d’éducation et de formation continue à faire apparaître des faiblesses et des incohérences qui laissent la porte ouverte au détournement et à la corruption.
-    Septembre 2014. La réalité scolaire académique s’est détériorée, devenant même chaotique, à l’analyse des données fournies par le Menfp, pour l’année académique 2013-2014, et relatives, notamment, aux résultats des examens officiels.
417 écoles, recensées à l’échelle nationale, ont eu 0 admis en 7e année fondamentale (Af), 80 écoles sont en-dessous de 10% d’admises et d’admis, tandis que 800 autres écoles sont en-dessous de 20% d’admises et d’admis en 7e Af.
Près de 25% des élèves de la 6e année fondamentale et 28% des élèves de 9e année fondamentale ont échoué aux examens nationaux.
Le tableau au niveau du secondaire est beaucoup plus alarmant, puisque 70% des élèves en baccalauréat 1re partie (Bac I) et 50% en baccalauréat 2e partie (Bac II) n’ont pas réussi aux examens officiels 2014.

Les défis prioritaires :

-    Le renforcement des structures de gouvernance et de régulation du système éducatif.
-    La définition de projets de formation et d’éducation adaptés à la société haïtienne et au monde d’aujourd’hui, incluant notamment une éducation à la responsabilité citoyenne.
-    Une formation des éducateurs et des enseignants, en adéquation avec ces projets. *
-    Un subventionnement public substantiel et équitable.
-    Une attention particulière aux réalités rurales et aux publics les plus précarisés.
-    Une recherche d’autonomie financière pour les écoles communautaires * (entreprise d’économie sociale, renforcement des moyens de développement des familles, …).
*C’est à propos d’un de ces 2 défis que notre Groupe de Travail « Education et Formation » (GTEF) s’apprête à construire (à partir de mai 2015) un projet concret, commun à plusieurs associations membres de la Plateforme.

La coopération entre Wallonie-Bruxelles et Haïti :

-    1997 : signature de l’Accord-cadre tripartite République d’Haïti – Communauté française – Région Wallonne.  Session de programmation en 2009 : mise au point d’un programme pluriannuel de coopération centré sur l’éducation, la formation professionnelle et la culture, réadapté et prolongé jusqu’en 2013, en raison de l’arrêt lié au séisme de 2010.
-    Programme de formation professionnelle et d’éducation de base accélérée pour élèves surâgés (APEFE – WBI) : appui à 12 centres de formation professionnelle.
-    EDUCAID : plateforme belge de l’enseignement et de la formation au sein de la coopération au développement.  Objectif : renforcer les capacités des organisations et soutenir les politiques et stratégies belges concernant l’éducation et le développement.
-    Projets variés des associations membres de la Plateforme Haïti qui mènent des projets dans le domaine « éducation et formation » : notamment, ADI – AYITI KINANM ASBL – CIDeCS HAÏTI-Belgique – CODÉART – DYNAMO INTERNATIONAL – ENFANTS HAÏTIENS BELGIUM AID – ENTRAIDE ET FRATERNITÉ – ESV-HAÏTI – FARNIÈRES HAÏTI POU TI MOUN YO – GEOMOUN – HAÏTI-GUATEMALA-LA-SOURCE – IFAPME GENERAL – KENBÉ FÈM – MISSION INTERNATIONALE DE COOPÉRATION (MIC) – SOLEY LEVÉ – SOLIDARITÉ MONDIALE – SOS HAÏTI BELGIUM – SOURIRES D'ENFANTS – TERRES NOUVELLES – TI GOUT DLO – THEUX/SAINT-MICHEL ASBL – UNIVERSITÉ DE MONS - …

 

 

Haïti-Éducation : La Petite enfance, au coeur d'un atelier à Montruis

A l’initiative du Bureau de gestion de l’éducation préscolaire (BUGEP), en partenariat avec l’Unicef, un atelier de trois jours se déroule, du mercredi 14 au vendredi 16 mai, au Club Indigo (Montruis), en vue de réfléchir sur la stratégie de recrutement et de formation des ressources humaines pour la Petite enfance et l’élaboration d’un curriculum pour le préscolaire.

C’est le directeur général du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), M. Denis Cadeau qui a procédé, mercredi, à l’hôtel Les Palm (Pétion-Ville), à l’ouverture officielle de cet atelier.

La cérémonie s’est déroulée en présence des partenaires techniques et financiers du MENFP, notamment l’Unicef et l’Unesco. Mais aussi des cadres du ministère et des acteurs locaux impliqués dans le secteur éducatif.

L’organisation de cet atelier entend porter les participants à se prononcer sur la pertinence des propositions qui sont faites à travers le document qui définit la politique publique relative à la prise en charge de la Petite enfance en Haïti.

Il est aussi question d’envisager l’applicabilité et la faisabilité de ces propositions. Mais aussi d’identifier les difficultés, les contraintes dans le but de faire des propositions pour les améliorer et/ou les compléter et les mettre en œuvre.

Pour ce qui concerne le curriculum pour le préscolaire, l’objectif de l’atelier vise à favoriser l’appropriation par les participants de la proposition du curriculum ; d’identifier ses forces et faiblesses, d’envisager les possibilités qu’il ouvre et les menaces sur la mise en œuvre et, finalement, recueillir les suggestions de ceux-ci pour la compléter et l’améliorer.

Prendront part à cet atelier qui fait suite à la validation, en décembre 2012, du document de politique de la Petite enfance (DIPE), des directeurs d’école normale préscolaire, des directeurs d’école préscolaire accueillant les enfants de 3 à 5 ans, des cadres du BUGEP, des partenaires techniques et financiers et des cadres de diverses directions techniques du ministère de l’Éducation nationale.

Dans ses propos de circonstance, le directeur général Denis Cadeau a mis l’accent sur l’importance capitale de ce sous-secteur qu’est la Petite enfance pour le ministère et la direction générale en particulier.

« Il s’agit d’un exercice de haute portée, inscrit dans une logique d’un travail organisé », martèle M. Cadeau, avant d’informer que le MENFP s’engage depuis plus de 20 ans à la prise en charge effective de la Petite enfance.

Le numéro 2 du MENFP rappelle par ailleurs que l’axe 4 du Plan opérationnel 2010-2015, indique clairement que l’État s’engage à mettre en œuvre une politique de prise en charge de la Petite enfance, dont la finalité est de permettre aux enfants, notamment ceux des familles les plus pauvres, de vivre et de grandir en bonne santé physique, émotionnelle et mentale.

« En ce qui a trait à la première enfance, le PO se donne deux objectifs : assurer la protection et le développement intégral de la Petite enfance et renforcer la gouvernance de ce sous-secteur.

Selon M. Denis Cadeau, relativement à ses objectifs, quatre indicateurs de résultats sont prévus. Une loi portant organisation de la protection et le développement de la Petite enfance ; la disponibilité des ressources matérielles et immatérielles ; des rapports périodiques ou documents de travail ; la mise en place des dispositifs pour la prise en charge des enfants de 0 à 3 ans.

En ce qui concerne le préscolaire, poursuit-il, le Plan opérationnel se fixe deux objectifs également : augmenter l’accès des enfants de 4 à 5 ans à l’éducation préscolaire publique et améliorer la qualité de l’éducation préscolaire.

Relativement à ses objectifs, avance-t-il, cinq indicateurs de résultats sont prévus : 100/100 des écoles fondamentales publiques disposent de deux salles préscolaires équipées d’ici à 2015 ; la proportion d’enfants de 4 et 5 ans dans le préscolaire public est passée de 7% à 40% avant la fin de 2015 ; le niveau de changement observé chez les moniteurs dans l’application des méthodes et pratiques pédagogiques ; 100/100 des enfants du préscolaire public disposent de matériels didactiques d’ici à 2015 ; ces enfants du préscolaire bénéficient d’un repas équilibré à partir de 2011.

Texte et photo : Alix Laroche
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GTEF Rapport d'activités octobre 2013 - février 2014

GTEF éducation et formationLe GTEF (groupe de travail « Education et Formation ») a été mis en place, au sein de la Plateforme Haïti.be, lors de la réunion plénière du 10 octobre 2013.
Il est actuellement composé de Jeannine Fally (coordinatrice), Sophie Torfs (CASIW), Martine Plevoets (Luthiers sans frontières), Geneviève Fuks (Geomoun), Laurence Rossius (Ayiti Kinanm) et Luc Daele (Theux/Saint-Michel) mais reste ouvert à tout autre membre intéressé.

L’assemblée avait, au préalable, accueilli favorablement la proposition du Comité de Pilotage consistant à faire de 2014 une année thématique « Education et Formation en Haïti ».

Perspectives dégagées par l’assemblée pour l’année thématique

Propositions pour orienter les activités thématiques futures, sur base de l’expérience de coopération de chacun des membres.

    • Réflexion proposée aux associations qui viennent en appui à des projets haïtiens : comment inscrire un projet éducatif dans une dynamique de développement local et comment l’ancrer dans les politiques départementales, nationales ?
    • De même, au niveau des associations : que faire pour mieux donner la parole aux Haïtiens et comment soutenir leur parole au niveau des instances sectorielles départementales, nationales, internationales ?
    • Réflexion à mettre en place tant au niveau macro que micro : comment appuyer la promotion des contacts et des échanges entre personnes et entités en Haïti et comment soutenir la création éventuelle de réseaux ?
    • Réflexion à mener au sein des associations et avec les partenaires haïtiens, sur la finalité de l’éducation (former à la citoyenneté) ; sur une vision de l’école qui y corresponde (des experts haïtiens proposent des modèles comme, par exemple, la pédagogie de la paix ou l’approche multidimensionnelle de l’éducation) ; sur les éléments de cursus indispensables pour une éducation à la citoyenneté ; sur l’importance, pour le projet éducatif, de contribuer à recréer et à dynamiser le tissu social autour de l’école, autour des jeunes qui y sont formés, et de fédérer les nombreuses ressources locales autour du projet éducatif, ;
    • Quelle place pour notre plateforme dans le lobby européen ?  Quelle est la part du budget de l’UE qui pourrait descendre au niveau des petites associations ?  
    • GTEF éducation et formationConcernant les mouvements de jeunesse haïtiens, réfléchir à la possibilité de les associer au développement d’activités extra-scolaires ; par ailleurs, comment susciter/soutenir le rassemblement de mouvements de jeunes ou d’associations-coupoles (comme le Centre d’Education populaire pour les enfants des rues, à Port-au-Prince) dans une démarche qui viserait à initier une plateforme haïtienne ?
    • En suivi de l’enquête menée auprès des membres de la PLFH, poursuivre l’échange d’expérience et de pratiques de manière ouverte, dans le respect de l’équilibre des diversités ;
    • Plaidoyer : une action pourrait viser le Bureau du District scolaire (BDS), représentant du Ministère de l’Education nationale, afin qu’il soit en mesure de remplir son rôle efficacement. Par ailleurs, comment relayer et soutenir la voix de la société civile ? Importance, pour la PLFH, de travailler en connexion avec d’autres réseaux, notamment au niveau UE ;
    • Proposition de réfléchir à l’élaboration d’un « mapping » ou inventaire des initiatives existantes en matière d’éducation et connues des membres, dans le but d’établir des liens et de susciter un espace de rencontre (qui peut être virtuel) entre les « agents » de ces initiatives ; appel est ainsi notamment lancé aux membres pour enrichir le dossier « Education » élaboré par Luc Daele avec les initiatives ou projets qu’ils connaissent ;
    • Espace sur le site internet pour y engranger des documents (y figurent déjà la note de synthèse « Education » de Luc Daele, le lien vers le reportage de la Centrale des syndicats du Québec consultable sur You Tube) ;
    • Promouvoir les échanges via d’autres moyens de communication et partager au maximum l’info, par exemple sur internet.

 

Pour lire le dossier complet, cliquez sur l'icone ci-dessous :

fichier-pdf-icone-5363-64

 

 

 

L'enseignement primaire en Haïti

L'enseignement primaire en Haïti

Du point de vue de l'instruction de base, la situation en Haïti est catastrophique.

Le pays compte près de 75 % d'adultes analphabètes, et une très forte proportion d'enfants et d'adolescents n'a ni les moyens ni la possibilité géographique d'être scolarisée.

Si l'on considère l'ensemble des enfants scolarisés, l'Etat ne parvient à assurer la scolarisation que d'un quart environ de ceux-ci. Ce sont donc les nombreuses écoles privées, religieuses ou laïques, payantes pour la très grande majorité, qui reçoivent le plus grand nombre d'enfants en âge scolaire.

Dans les zones rurales, certaines familles habitent trop loin de toute école pour pouvoir y envoyer leurs enfants, ou s'y prennent trop tard pour les inscriptions, et bien des enfants ne trouvent place ni dans les écoles de l'Education Nationale, ni dans les écoles privées proches de leur domicile, tant ces établissements sont déjà surchargés.

Il arrive souvent que les classes des écoles accessibles à d'autres qu'aux enfants des nantis comptent jusqu'à cent élèves, dans un espace prévu pour trente, et avec du matériel scolaire à peine suffisant pour vingt. Dans ces "pépinières", comme on les appelle à Bois-Pin-Gomme, un malheureux enseignant s'épuise à donner l'illusion d'une école faisant ânonner et répéter par cœur à ses élèves des notions qui restent totalement hermétiques au plus grand nombre, et parfois à l'enseignant lui-même.

Les enseignants mal formés, accablés par un trop grand nombre d'élèves, se contentent souvent d'utiliser des manuels, désuets jusqu'à l'absurdité, qu'ils ont eux-mêmes appris à connaître quand ils étaient élèves, ce qui les incite aussi à pratiquer des méthodes pédagogiques dépassées, répétitives, décourageantes. Citons pour l'exemple un livre de lecture datant de 1941, et un manuel de mathématiques qui donne, dans un énoncé, l'achat d'un porc pour 40 gourdes .

En Haïti, l'un des problèmes les plus lancinants des écoles publiques ou privées, particulièrement en zone rurale, est celui du matériel scolaire. Il n'est pas rare de voir une classe de plus de quarante élèves, dont une douzaine seulement ont en main le livre de lecture, ou de géographie, ou d'histoire nécessaire pour suivre le programme ; certains élèves n'ont même ni plume ni cahier.

Scolariser un enfant représente pour les parents une très lourde charge. Il faut d'abord payer un écolage, mensuel ou annuel (même dans les écoles nationales, il faut payer une finance d'inscription). Ensuite, le port de l'uniforme est pour ainsi dire de rigueur, et la tradition, ainsi que la fierté familiale et surtout celle de l'enfant exigent que les petits écoliers et écolières se présentent convenablement chaussés à l'école. Enfin, dans la grande majorité des écoles, aucun matériel scolaire n'est vendu à des conditions avantageuses ni prêté gratuitement aux élèves .

Dans le milieu rural, l'argent est rare : sur le plan alimentaire, on consomme d'abord ce que l'on produit. Le peu d’argent disponible est d’abord utilisé pour les besoins essentiels. Etant donné son prix, le matériel scolaire n’a pas la priorité et la nécessité pour l'écolier d’en disposer n'est pas toujours clairement perçue par des parents qui n'ont eux-mêmes jamais fréquenté l'école, ou qui ont subi, pendant un ou deux ans au plus, un enseignement basé essentiellement sur la répétition de phrases ou de mots dont le sens demeurait bien souvent énigmatique.

Les parents doivent donc faire face, à chaque rentrée scolaire, à des dépenses considérables pour chacun de leurs enfants scolarisés. Dès lors, on comprend qu’ils choisissent de n’envoyer que certains de leurs enfants à l’école et qu’ils fassent l’impasse sur le matériel scolaire.
En ville comme en campagne, la dégradation de la situation économique des familles entraîne chaque année le retrait de l'école de bon nombre d'enfants qui avaient entamé une scolarité primaire normale. Non seulement les familles ne se trouvent plus en mesure d'assumer les frais de scolarisation, mais, la force de travail représentée par l'enfant est requise pour assurer à sa famille le minimum vital. La déperdition scolaire a ainsi pu être définie comme un fléau national en Haïti.

aide suisse à l’action communautaire en Haïti (ASACH)

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