Deuxième plaidoyer - mars 2010

Buts:

  • Cibler les problématiques et priorités pour les actions de coopération en Haïti
  • Donner au ministre un support pour la réunion des bailleurs le 31 mars 2010 à New-York.

Les membres de la Plateforme Haïti réclament que l’attention des différents acteurs et des ministères belges représentatifs soit particulièrement attirée sur les points suivants :

  • Renforcement des capacités de base : Les initiatives locales villageoises et communautaires doivent permettre la reprise de confiance du peuple haïtien dans son dynamisme et ses capacités.

  • L’implication des populations locales dans les orientations et prises de décisions: Les stratégies actuelles visant la reconstruction n’ont pas envisagé l’implication locale dans la définition d’un environnement adapté. Entre spéculations foncières et modèles occidentaux, il est primordial d’ajuster et d’ouvrir les stratégies internationales à la société civile haïtienne.

  • L’inscription des programmes de reconstruction dans une vision de développement social, humain et environnemental.

  • La décentralisation : tant au niveau administratif qu’économique, la centralisation des pouvoirs à Port au Prince représente un facteur de risque important. L’émergence de pouvoirs et de responsabilités décentralisés diminueraient la fragilité de la population et de l’état haïtien et réduirait la pression urbaine sur Port-au-Prince. Il est donc important que les actions de reconstruction visent l’ensemble des départements haïtiens.

  • La prise en compte des flux migratoires ; ceux-ci ont généré une augmentation importante des indicateurs de vulnérabilité dans des zones non directement touchées par le séisme mais accueillant des réfugiés de celui-ci.

  • La lutte contre la corruption : L’afflux de moyens financiers et l’accentuation de l’état de faiblesse d’une majorité de la population haïtienne font craindre une augmentation de la corruption et de l’insécurité tant à Port au Prince que dans les autres départements. Il convient d’affronter ces problématiques rapidement en renforçant les outils de contrôle institutionnel et de la société civile haïtienne. Cela allégera la pression sur la population et les différents acteurs. Plusieurs acteurs multilatéraux et indirects développant des programmes dans ce secteur doivent être mobilisés.

  • Le renforcement de la mise en place d’un Etat haïtien structuré et légitime.

  • Le renforcement des capacités des acteurs de la société civile. Ces acteurs pourront ainsi agir en renforcement du contrôle démocratique du gouvernement Haïtien.

  • Le respect des droits de l’homme dans les camps de réfugiés et dans le cadre de reconstruction.

  • L’accent prioritaire mis sur :

    • l’éducation, l’alphabétisation, pilier essentiel de toute démocratie participative

    • la santé, l’hygiène et l’assainissement

    • Le renforcement des structures de santé

    • La formation professionnelle

    • L’émergence d’activité génératrice de revenus

    • Les droits de l’Homme et la gouvernance démocratique.

  • L’annulation totale et irrévocable de la dette y compris les prêts octroyés par le FMI depuis janvier 2010.