Ouragan Matthew

Ouragan Matthew : Haïti, l'île de la désolation

Dix jours après le passage de l'ouragan sur l'île, l'aide à la population reste toujours aussi difficile à mettre en place.

France 3

Mis à jour le 16/10/2016 | 09:36, publié le 16/10/2016 | 09:36

 

 


 
 
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Haïti libre
14/10/2016 05:09:42
La Direction de la Protection Civile (DPC) informe que le nouveau bilan (daté du jeudi 13 octobre à 7 p.m.) suite au passage de Matthew sur Haïti, fourni par les autorités haïtiennes, est passé de 473 à 546 victimes, de 75 à 128 disparus, de 339 à 439 blessés et 175,509 personnes hébergés sont encore dans des abris provisoires.

11/10/2016 14:04
La Direction de la Protection Civile (DPC) informe que le nouveau bilan (daté 10 octobre à midi) suite au passage de Matthew sur Haïti au début de la semaine dernière, fourni par les autorités haïtiennes, est passé de 372 à 473 victimes, 75 disparus, 339 blessés et 175,509 personnes hébergés dans 224 abris provisoires.
 
 
 Communiqué par l'asbl Theux / Saint-Michel le 06 octobre 2016 à 10h33
 
Voir, ci-dessous, le message de Lisette Casimir, coordinatrice d'ACCORD, notre partenaire à Saint-Michel de l'Attalaye :
Bonsoir à tous les membres de Theux / Saint-Michel !
 
Selon le dernier bilan, il n'y a pas eu de dégâts physiques importants à Saint-Michel mais c'est sûr qu'avec cette dévastation inimaginable causée par l'ouragan Matthew dans plusieurs endroits du pays l'impact négatif est généralisé.  Toutes les communes d'Haïti vont ressentir les retombées de cette destruction dans un pays déjà en grande difficulté économique.
Je prévois déjà les misères des parents à donner à manger tous les jours aux enfants avant d'aller à l'école et au retour.  Dans notre école de Missy Dossous, il y a déjà beaucoup de parents qui n'ont pas pu payer les frais minima pour la rentrée scolaire mais, avec l'objectif social de notre établissement, on les a évidemment acceptés et nous tentons de faire face. 
Merci à vous d'être concernés et recevez toute notre appréciation
 
Lisette
 

Communiqué par Roger Loozen  le 09 octobre 2016 à 19:38

 Pourrais-tu me dire s'il y a une action qui est entreprise par rapport à la catastrophe en Haïti ? De notre côté, nous venons enfin d'avoir des informations de nos partenaires dans le Sud Haïti.
À Camp Perrin où se trouve notre partenaire principal il n'y a plus aucun arbre debout.Il fait très chaud.Le problème principal rencontré est le problème d'eau potable.
Mon contact à Port-au-Prince suggère de solution :
1. des tablettes de purification d'eau (pour purifier un bidon ou une bouteille)
2. des systèmes de filtration d'eau qui peuvent alors filtrer les quantités plus importantes.
Il y aurait également à besoin en tôle de toiture : 80 % des habitations au Cayes seraient détruite ou en tout cas endommagé au niveau de la toiture. A Torbeck ce serait encore pire. Ce sont deux villes qui se trouvent long de la côte.
La demande d'aide concerne évidemment des moyens financiers pour pouvoir acheter et acheminer sur place ces matériels nécessaires.Pourrais-tu me dire si vous prévoyez une action ?
Merci de me contacter au plus vite.
Cordialement.
RogerRoger Loozen,
CODEART ASBL
Chevémont, 15B-4852
HOMBOURGT.

Communiqué par Adesh le 09 octobre 2016  à 22:24

Jean-Anthony Bazile donne des nouvelles de St-Jean-du-Sud, dont il est originaire.
La route des Cayes à St-Jean est impraticable , de nombreux arbres étant tombés sur la route. Presque tous les arbres fruitiers de la commune sont couchés.


Reçu de Jean Anthony Bazile, Licencié en Sc. du Développement

(le 7 octobre)

La maison de ma famille (natale) et celle des parents de Clerna à Saint Jean sont totalement déduite. Celle de tante Livie est grandement endommagée (toit emporté par le vent et murs brisés.
C'est pareil pour la maison des parents de ma femme (Marie Nardine).
Selon les témoignages de Gulbert et de deux fils, ma marraine, il ne reste que quatre maisons débout et habitables dans la localité de Ca-Boyer, 3ème section, Trichet.
C'est pareil sur presque toute la commune.
Aux Cayes, là ou je vivais, le toit des escaliers a été emporté par le vent. La totalité du toit de la maison de mon grand frère Emmanold BAZILE a été totalement emporté par le vent.
Des vitres et des trucs à l'intérieur de la maison de chez Jean Mary sont endommagés.
Pour finir, on a présentement un département du Sud dévasté, détruit, ravagé.
Il y a un grand problème de communication téléphonique avec le Sud et la Grand' Anse.
Un pont reliant le département de l'Ouest au Grand Sud du pays a été détruit.

(le 8 octobre)
Je viens de suivre une intervention du Ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) sur les ondes d’une station de radio de la capitale (Caraïbes FM, 94.5 FM). Il annonce un plan pour la réouverture des écoles dans le Sud et la Grand’ Anse. Son intervention se penche sur l’aspect infrastructurel. Exemple. : Il parle de nettoyage des cours d’école pour relancer les activités scolaires dans le Sud et la Grand’ Anse. La réouverture se fera de manière graduelle et progressiste a poursuit le Ministre.
Cependant, selon ce plan d’action rien n’est prévu pour encadrer les parents des élèves. Une raison de plus de pencher sur une campagne de parrainage en faveur de l’éducation des enfants.
Notre marraine de mariage et sa famille planifie pour offrir cent (100) valises (sac à dos) à des enfants (élèves) à Saint Jean du Sud. Elles pensent le faire par le biais de « Mouvement des Saint Jeannais pour le Développement Intégré (MOSDI) ». Une association que des collègues du Lycée de Saint Jean du Sud et moi avons créé en 2011. Mais, on pourrait mettre ses valises à disposition d’HADES.
Pour finir, les dernières informations laissent croire que la plus grande majorité de la population du Sud et de la Grand’ Anse est sans abris. La base de l’économie (l’agriculture, l’élevage, pêche, etc.) est détruite.

(le 9 octobre)
Hier, Jean Mary a visité notre grand-mère à Saint Jean du Sud. Elle est parmi les sans-abris pour l'instant. Sa maison est complètement détruite.
Il m'a aussi appris que la maison de tante Livie a subi beaucoup de dommage. Tante Bertha n’est toujours pas de retour chez tante Livie. Parce qu’on n’a pas encore fait l’aménagement nécessaire à la maison. Elle est chez un voisin (Pierre-Richard, le fils de la dame qui a vu grandir ma mère).
La communication routière reste très très difficile jusqu’à hier entre les communes du Sud. C’est la même situation à l’intérieur des communes dont Saint Jean du Sud.

(le 11 octobre 2016 à 10:02)

Bien à toi Georges/Françoise
Je t’écris seulement aujourd’hui parce que le signal de l’internet n’est pas facile en raison que toutes les antennes de la natcom sont tombées.
Ici, nous vivons une situation catastrophique. Nous sommes vraiment mal chanceux du fait que malgré nos misères les catastrophes naturelles ne nous pardonnent pas.
Au bilan de la situation :
-    Tous les jardins et les plantations de bananiers sont perdus dans toute la région des cayes.
-    Presque tous les arbres sont abattus que ce soient cocotiers, manguiers etc.
-    Les paysans perdent leur tête de bétails, les femmes bénéficiaires de nos cabris perdent leur cheptel
-    Les toitures des écoles églises sont emportées par le vent. L’école ou j’enseigne et celle des Sœur ne font pas exception.
-    Plusieurs milliers des maisons sont détruites entièrement et pour d’autre ce sont les toitures qui ont disparues. Vous imaginez, dans les localités de k-boyer et Trichet seulement 4 maisons sont debout.
-    Dans le centre villes des cayes seules les maisons construites en béton résistent.
-    Les routes secondaires sont coupées avec des arbres allongés sur tous les chemins. Ainsi, l’Etat n’est pas encore en mesure de dire exactement combien de mort il y a.
C’est vraiment triste de constater toute une population qui non seulement est sans abri mais aussi sans avenir du fait qu’elle perd tout leur économie. En fait, nous sommes dépassés par ce terrible évènement qui laisse que de pleurs, tristesses dans les cœurs de tous les haïtiens et étranger en particulier les habitant dans les régions sud et grand’ anse d’Haïti.
En terme de plantation, il ne reste quasiment rien c’est l’image de toute une région. Nous ne voyons pas comment nous allons nous en sortir dans ce marasme situation tenant compte de nos faibles capacités financières.
La seule alternative c’est de reconstruire les maisons, restaurer la couverture végétale et de restaurer la production agricole. Mais cela, exige beaucoup de moyens financiers et humains. Mais sachant que notre limite surtout en terme financier, nous ne pouvons qu’attendre à une vie misérable dans les prochaines jours.
Les images suivantes peuvent vous donner une idée de la situation.

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Communiqué par Kenbe Fèm  le 10 octobre 2016 à 05:11

Bonsoir jacques,
je suis en Haïti pour l'instant. Je vais essayer de me rendre demain à Corail (Grande Anse) pour y apporter de la nourriture et de quoi purifier l'eau pour limiter autant que possible les risques d'épidémie avec notre partenaire local AJEDCO (Association des Jeunes pour le Développement de Corail). Le peu de nouvelles que nous avons de là-bas est terrifiant: elles font état de zones entières où plus aucun arbre n'est debout, cultures ravagées, bétail emporté ou noyé. D'après mes informations, la zone de Duquillon est entièrement ravagée; c'est une des deux zones majeures de culture qui alimente la population en denrées vivrières, légumes et fruits. Connaissant l'enclavement dont souffre Corail, les risques alimentaires sont évidemment énormes.

Les quelques photos aériennes quenous avons vues montrent que la zone a été très sévèrement touchée, Aucune nouvelle de la ville de Corail, toutes les communications y sont encore coupées. Je te tiendrai au courant de l'évaluation que nous ferons de la situation quand je serai de retour.
Christophe
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Pour Kenbe Fèm ASBL,
Christophe Castaigne,
Président

Communiqué par Martine Plevoets le 10 octobre 2016 à 10:16

Bonjour Jacques
J'ai eu hier soir des nouvelles de notre contact à Camp Perrin ( Jean chesnel de la société de cacao Ayitica)
Il me disait que ses cultures ont été détruites à 70% . La terre étant fortement mouillée à cause des semaines de pluie ayant précédé l'ouragan. Les vents ont facilement déraciné les arbres.
Son bâtiment est ok à part quelques dégâts .
Il me disait que, d'après un de ses collègues, le passage vers port au prince (pont détruit à Petit Goave) était possible ( mais je ne sais pas dans quelles conditions ) . On doit se recontacter dans la semaine à ce propos car il se rend à Port au Prince mardi.
Il me dit que pas mal d'associations internationales sont sur le terrain mais que, aux Cayes, tout va être à recommencer .
Que dit Claire à ce sujet ?
On se demandait s'il fallait que nous emportions des bottes ? Trouve t'on facilement des moustiquaires imprégnées sur place ?
Bises
Martine

 

Communiqué par Benoît Michaux (PAD) le 10 octobre 2016 à 12:25

Bonjour à tous,

La zone de la Grande Anse a été particulièrement touchée, Jérémlie, Corail, Pestel sont dévastées, notre responsable de projet sur place Pierre-Oliver (PAD) nous a envoyé un message ce dimanche après midi : « enfin ce monstre nous a laissé sans haleine, la situation est indescriptible, ce n’est qu’aujourd’hui que la communication téléphonique est rétablie ».

Notre Partenaire Rolphe Papillon me parle de plusieurs centaines de disparus notamment auprès des pecheurs vivant bancs de sables et de très nombreux morts dans la circonscription de Corail. On peut également déplorer plusieurs milliers d’habitations ne disposant plus de logements. Les risques de développement de maladies ( épidémies, choléra,…) sont très importants.

Notre équipe sur place et nos partenaires font le points ce lundi avec les hôpitaux de Corail et Jérémie pour cibler les actions urgentes à mettre en place.

Bien à vous

Benoît

 

11 octobre 2016 à 16:02

Les communications avec la Grand’Anse sont très difficiles. Après un premier message dimanche, notre responsable de projet à Corail nous a envoyé cette nuit les premières photos faites à Pestel. Elles montrent les énormes dégâts dans la ville, mais d’après son message, les dégâts sont encore plus importants en milieu rural. Dans certaines localités des mornes de Corail où nous travaillons, il n’y a plus une seule maison debout.

Des priorités d’action ont déjà été définies sur le terrain. Vu notre domaine d’action et notre expertise, notre équipe peut dès maintenant agir pour la prévention des risques d’épidémies de Choléra (sensibilisation sur les gestes de prévention, réparation et sécurisation des points d’eau et des latrines), mais d’autres besoins sont également identifiés par notre équipe et nos partenaires et nous pourrons travailler avec d’autres partenaires, servir de relai ou de point de contact pour d’autres actions à Corail et Pestel.

 Bien cordialement

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 Mélanie

 

Communiqué par Timounaid le 10 octobre 2016 à 15:41 (Marie-Thérèse Mertens)

Nouvelles d’Haïti par Frère Francklin

Un bon ami m’a fait dire par le truchement de Sœur Armelle de lui envoyer un rapport sur la manière dont nous avons vécu le passage du cyclone Matthew.
Un cauchemar drainant le deuil, des larmes, des morts, pertes de bétail, de champs, de maisons, d’outils de bateaux, de filets de pêche, des Eglises, des écoles, des hôpitaux, des routes bloquées, des ponts effondrés, une destruction de l’environnement en prolongement de ce qu’un nombre pléthorique de compatriotes avait déjà entamé pendant des décennies écoulées. Notre couverture végétale évaluée à moins de 2,5% aurait été incapable de faire face à un cyclone majeur comme Matthew. Cela me fait penser à une réflexion faite par un Américain qui disait : « Haïti est l’un des rares pays du monde qui se détruit physiquement. » Cela peut se constater de visu avec peine et l’admettre en vérité dans le cas de son propre  pays est décapant ! Les coins les plus touchés sont les départements du Sud, de la Grand’ Anse, du Sud-Est, du Nord-Ouest et partiellement de l’Ouest pour ne citer que cela. Ces départements touchés auront un impact majeur dans les autres zones non atteintes sur le plan Agricole, compte tenu de leur importance.

Nos fraternités situées dans ces départements partagent le sort du commun des mortels : A Torbech, les toits de nos deux maisons ont volé en éclat. L’environnement est devenu un désert, plus d’arbres. A Jérémie, nos frères vivent à la belle étoile suite à la destruction de notre fraternité. Depuis 4 jours, nous étions au niveau de la fraternité Générale sans nouvelle de nos frères, enfin ce soir, une religieuse amie nous a dit qu’elle les aurait vus (grâce à Dieu, pas de mort). Les communications étant interrompues, il n’y a encore aucun moyen de communiquer avec eux ni par téléphone, ni par voie terrestre. À Léogane, L’environnement est désastreux dans le village Nazareth avec quelques dégâts matériels mais nos fillettes vont bien. Mais à Saintard, lieu où se trouve notre Centre de spiritualité dédié au Père de Foucauld, à côté des dégâts causés par la mer chez les pêcheurs qui ont littéralement perdus leurs bateaux, filets de pêche, moteurs, nous pouvons dire que le Bon Dieu a opéré dans le Centre, un miracle ! La mer dans sa furie a détruit la digue que nous avions construite pour nous protéger de la mer. L’eau est passée à l’intérieur de notre salle de conférence charriant des cailloux en quantité mais sans rien abîmer et s’est avancée devant notre réfectoire qui selon toute logique humaine devait être écrasée mais elle s’est arrêtée devant la construction ! Je dois vous dire que pour protéger la cour, avec foi, nous avons placé une statue de la Sainte Vierge dédiée à Notre Dame de la mer et un Crucifix juste à côté de la maison non atteinte par les vagues furieuses de la mer.

Les amis qui me connaissent vont se moquer de moi parce qu’ils savent que je ne suis pas dans les ‘bondieuseries’, ni quelqu’un qui parle de miracles facilement. J’ai toujours enseigné que notre Dieu est Cause première mais il agit à travers les causes secondes. En vérité, je ne trouve aucune logique humaine pouvant me permettre de comprendre et expliquer ce phénomène et nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille et demandons pardon à tous ceux et celles qui ne croient pas dans les miracles. Je reconnais moi aussi, que parfois, je n’en vois pas là où d’autres en voient. Pour ce cas précis, je crois. Pour cela, le Curé de la Paroisse et ses deux assistants, nos Petites Sœurs ont constaté de vue et partagent cet avis. Des photos étayent nos dires.

Tout en assumant les conséquences de Matthew qui sont lourdes, très lourdes et dans les mois à venir encore plus, nous nous remettons au travail pour sauver ce qui peut être sauvé. J’ai eu la chance de visiter Hiroshima au Japon et constater comment ces derniers se sont remis au travail, nous stimulent. Nous aurions mille raisons de croiser les bras et de nous lamenter  tant les maux sont douloureux et les efforts à mener sont titanesques ! Comme le Père de Foucauld nous disons : ‘Jamais arrière’ !
Nous remercions tous les familles et amis de partout dans le monde qui nous ont manifesté leur sympathie et solidarité. En particulier, tous nos amis en France, en Guadeloupe, des USA, en Belgique. Merci à différents Ambassadeurs et spécialement à l’Ambassade de France.

                    Haïtiens, Haïtiennes, regardons en avant, c’est la bonne direction !

Et à Toi Seigneur, merci pour ce que tu es, le Dieu qui aime tout le peuple haïtien, souffres avec lui et te rends solidaire. Aide-nous à montrer ton visage, ton visage à tous ceux qui sont découragés, mets ta main dans nos mains et fais rayonner la lumière de ta miséricorde  sur nous,  croyants et non croyants, sur tous les hommes de bonne volonté, en particulier sur toutes les victimes à travers le monde.

                                                                                         Francklin
                                                                                        Port-au-Prince le 8.10.2016

 

 Reçu le 11 octobre 2016 à 09:29

Voici un témoignage d’une de nos bénévoles :

Bonsoir Maïté, Je viens de recevoir un appel d'un de nos correspondants, Dr Patricia Siméon, me faisant part un peu de la situation après le passage du cyclone dévastateur dans le Sud du pays. Comme elle , je ne trouve pas les mots justes et suffisants pour vous remercier, toi, ta paroisse ainsi que toute l'équipe de Timounaid, qui avaient répondu présents lorsque j'avais sollicité de l'aide pour ce dispensaire. Dr Patricia vient de me dire: " en tant qu'originaire du coin(Marceline) lieu exact où se situe notre dispensaire à Camp-perrin" << Nous n'avons même pas eu le temps de vous faire part de nos sincères remerciements, le dispensaire fait déjà ses preuves en ces circonstances si difficiles qui viennent à nouveaux frapper Haïti>>

 Poursuit Dr Patricia au téléphone, << nous avons pu donner des premiers soins avec nos moyens du bord, grâce à Timounaid, des blessés, beaucoup...beaucoup de plaies infectées. Nous avons, pour l'heure 4 personnes dont deux femmes enceintes en observation; grâce aux matelas que Timounaid avait donné, nous avons même hébergé, dans le p'tit hall qui nous sert de salle d'attente, une famille de 5 personnes sans toit dont un nourrisson malade>>

 

Communiqué par Soley Levé le 10 octobre 2016 à 16:22

7 octobre

Chère Mireille et l'équipe Soley Lèvé,

Salutations de Haïti ! Merci pour votre message demandant des nouvelles de la situation après que le typhon ait touché fortement le pays.  Comme vous l avez entendu et vu aux nouvelles, il y a des parties de Haïti qui sont réellement dévastées là où le typhon est passé.  Ces endroits sont la partie sud du diocèse haïtien de Okay, Jérémie, Grandans,  Nip,  le nord-ouest d’Haïti, commune de Baie de Henne, là où nos sœurs  ICM sont en mission à Ti Rivière.   Ces endroits sont près de la côte.

Le typhon était de catégorie 4, les vents sont très forts, accompagnés de lourdes pluies, ce qui fit s’envoler beaucoup de toits.  A cause des lourdes pluies, des glissements de terrain s'en suivirent, des routes sont bloquées, des ponts détruits et le transport de l'aide humanitaire a de grosses difficultés à atteindre les victimes.  La plupart des victimes restent dans l'église ou à l'école.

Nos sœurs à Ti Rivière vivent les effets catastrophiques laissés par le typhon.   La maison des sœurs a des fuites à cause des pluies abondantes. Beaucoup de petites maison faites de terre / boue ou d'argile furent détruites et gisent à ras du sol. Les champs de la population et les jardins sont détrempés par les fortes pluies et des animaux ont péri.   Avec ces calamités et terribles pertes, les gens n’ont pas de quoi survivre.

Nos autres communautés ICM dans la capitale sont un peu mieux loties, elles n'ont pas été si durement touchées que les endroits mentionnés.   Merci à Dieu de sa protection. Le gouvernement fait de son mieux pour envoyer de l'aide immédiate de diverses façons aux victimes du typhon.
D autres pays ont aussi envoyé un soutien et de l’aide.   On suppose que les élections présidentielles qui devaient avoir lieu ce dimanche 9 octobre, seront reportées à cause du récent typhon.

Merci encore pour votre grand intérêt pour Haïti après le typhon Matthew.

Merci encore, chère Mireille, et nous continuons à prier pour la protection de Dieu dans toutes ces calamités naturelles qui nous touchent dans ces pays pauvres.   Comme Haïti.

Avec mes meilleurs sentiments

Sœur Ledenila Moreno, ICM, et les sœurs ICM à Ti Rivière.

8 octobre


Merci pour ton email.

J'ai été en dehors pour visiter nos sœurs à la petite Rivière là où L'ouragan Matthéw a secoué' encore très fort ces pauvres gens.
C'est la catastrophe. Il n'y a rien, plus rien. Tous les jardins des gens, leur bêtes (les animaux), les bananes, plantation de maniocs tout est parti.
Les gens n'ont plus rien pour manger ni de l'eau potable pour boire, les toitures des maisons sont parties. Vous savez le gens aux villages vivent de leurs jardins et de leurs animaux.  
Nos sœurs n'ont pas perdu tout, mais le peu qu’elles ont c'est au service de la population qui n'a rien.  Vraiment c'est très triste de voir encore comment Haïti est de nouveau frappé' par cet Ouragan.  

Je suis rentrée à PORT-AU-PRINCE pour chercher plus de nourriture, j'ai acheté un peu de pain, quelques légumes, savon et médicaments.  Sœur Enden (Lepénisa) part demain pour porter ces choses aux sœurs et les autres sinistrés.

Nous cherchons à partager le peu que nous avons avec ceux qui souffrent, surtout les enfants, femmes enceintes et les vieillards.  Nous comptons sur la divine providence de Dieu. Les besoins sont multiples, Haïti est de nouveau plongé dans un bain de souffrance.  Bientôt ça sera un autre série de cholera.

De Grace porte nous dans tes prières.  

Sr. Esther, ICM


Chère Mireille

Merci pour votre réponse, Demain 8 octobre, je vais à Petite Rivière à l’intérieur de Haïti pour visiter nos sœurs et ensemble, avec le prêtre de la paroisse et les personnes, nous allons voir ce que nous pouvons faire pour aider les victimes du typhon meurtrier Mathew

Après, quand je rentrerai en ville, je pourrais vous donner plus d’informations sur la situation de la population victime de ce désastre.

La connexion internet est très difficile à Petite Rivière donc les mails aussi.

Encore merci d’être connectés avec nous, nous sentons votre solidarité nous concernant

Soyez bénis pour toutes vos activités avec le groupe Soley Lèvé

Sincerely,
Sr. Ledenila Moreno, ICM

Bonjour à tous,

L’ouragan Matthew qui a frappé Haïti au début de la semaine a fait beaucoup de dégâts et malheureusement beaucoup de victimes. Surtout la zone de sud-est et sud d'Haïti est vraiment touchée. Selon un rapport d'un bon collègue Raymond de l'organisation ACAPE (La borde aux alentours des Cayes), 90% des maisons des paysans sont détruites. Les deux cassaveries ont également perdu leur toiture, les chemines sont tombées et il n'y a presque plus d'arbres qui restent. Mais les bureaux d'ACAPE, construits avec des matériaux locaux selon les principes para-cycloniques et parasismiques sont restés entiers.

En Haïti toutes les conditions se réunissent pour avoir une catastrophe humanitaire après un désastre naturel mais une telle force majeure aurait fait du dégât dans n'importe quel endroit sur la terre.

Mais une fois en plus Haïti sortira de cette crise l'une façon ou d'une autre.
Notre région, Nordest, Nord et Plateau central, n'est pas affecté. A Mombin on a eu un peu de pluie (13mm en trois jours) et beaucoup de vent mais pas d'un niveau cyclonique.

Notre petite famille va bien.

Merci pour votre compassion.
Jef Swerts

 

Communiqué par Sourires d'Enfants Coopération le 10 octobre 2016 à 16:34


Les maisons du village d’enfants de Beudet (soutenu par Sourires d4enfants Coopération) ont tenu le coup mais l’orphelinat a perdu toutes ses récoltes (il était auto-suffisant pour les fruits et les légumes) et tous les animaux (poules, lapins, chèvres….).
Voilà qui, avec la dévaluation de la Gourde, va leur rendre la vie vraiment compliquée….)

Jacqueline Soglet
Sourires d'Enfants Coopération

 

Communiqué par ONG ACTED le 10 octobre 2016 à 17:57

Chers amis,

Notre Haïti chérie a été durement frappé. Le bilan humain est terrible avec plus de 1000 morts, une épidémie de choléra et des dizaines de milliers de sans-abris.

Et nos écoles Mains Ouvertes aux Cayes et Dory (www.mainsouvertes.org) sont en train de payer un très lourd tribut car Matthew est passé au-dessus de leurs têtes avec des trombes d’eau et des vents à 240km/h !!!

Pour l’instant, nous n’avons pas de nouvelles de pertes de vie humanes parmi le staff ou les enfants de nos écoles.
Nous vous tiendrons au courant de la suite et nous vous remercions d’ores et déjà pour l’aide que vous pourrez apporter à notre travail pour les aider.

Ci-dessous, un message de Laetitia informant sur la catastrophe avec les données qu’elle a pu recueillir jusqu’à présent.

Amitiés
Daniel

<Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.; a écrit :

Cher Nicolas,

Les nouvelles du Sud du pays sont rares car les communications sont difficiles: de nombreuses lignes de courant sont tombées et la route connectant Port-au-Prince au Sud est coupée (un pont s'est effondré, le seul accès existant est par la mer, en attendant qu'on réhabilite l'ancienne route). Impossible d'avoir un échange téléphonique avec les écoles des Cayes. Par contre, nous avons pu échanger par mail avec Soeur Jolicoeur, la directrice de l'école Deux Mapous, voici son témoignage :

" C'est incroyable CE que nous venons de vivre:Des journee d'angoisse et de frayeur. Un desastre qui plonge beaucoup de famille dans la desolation. Ici, tous le circuit electrique est tombe a cause des multiples arbres qui ont ete deacones. Tous les reservoirs d'eau ont ete detruits ou importés par le violent vent qui n'a Rien epargne Sur son passage. Les rues sont overrides par les multiples arbres Qui sont tombés. Beaucoup de toitures Des maisons ont connu le meme sort. Les rivieres en pleine crue ont inondé la ville. Il semble un Rêve ou un cauchemar. Une bonne partie etait d'eau. Mathew a apporte beaucoup de souffrance. Plusieurs jeunes de l'école sont venus nous aider.  A cause des multiples arbres qui sont tombés il est impossible de traverser a l'atteindre l'ecole 1 et 2eme cycle. Tous les grands magnifiers et cocotiers sont par Terre "

Le Père Aldagène (Dory) et Soeur Violette (La Savane) n'ont pas encore écrit, nous sommes très inquiets car Dory est très exposé aux vents violents et ses toits de tôle sont fragiles; tandis que La Savane est très proche de la mer, qui a fait de grosses incursions dans la ville. Le toit de la cathédrale des Cayes a été emporté par les vents et des chapelles ont été endommagées. Les infrastructures ont beaucoup souffert, mais il semble que ce soit surtout le département de Grande-Anse qui ait  connu des victimes humaines (on en dénombre déjà des centaines pour le moment).

C'est le cyclone le plus violent d'Haïti depuis 10 ans et Marie-Lourdes (Fontamara, PAP) , à qui nous avons parlé par téléphone, nous a dit que c'est le premier qu'elle ait connu d'une durée aussi longue: le cyclone était annoncé dès lundi soir, il s'est déchainé toute la journée du mardi. Il semble que les dégâts soient minimes à Port-au-Prince, l'eau s'est écoulée dans la mer sans causer trop de dommage. Les bâtiments de l'école de Fontamara ont heureusement très bien résisté aux rafales, même les hangars avec leur toit en tôle. Les écoles sont fermées dans tout le pays depuis mardi, nous n'avons donc pas encore de nouvelles des élèves ou des professeurs.

Bon week-end,

Laetitia

 

Communiqué par Harold Errié, CIDeCS Haïti le 10 octobre 2016 à 21:00

Les effets de l’ouragan en Haïti
La situation en bref à Saint-Marc

Les experts en météorologie l’avaient bien souligné : l’arrivée du cyclone Matthew serait néfaste et terrible pour Haïti car sa puissance dévastatrice avait égalé celle des pires ouragans des dernières années dans la région des Caraïbes.
Effectivement le bilan est lourd sous l’impact de ce phénomène de la nature qui, il y a moins d’une semaine, a causé des centaines de victimes, des pertes matérielles considérables, l’arrêt du processus électoral et le ralentissement de la vie économique en Haïti. Les zones les plus touchées sont les villes et villages du Sud et de la Grande Anse. La solidarité internationale a déjà braqué tous les feux de son action sur cette partie du territoire entrainant le gouvernement à la suivre au pas.
Il y a lieu de ne pas oublier ni négliger les petits territoires répartis sur les côtes de l’Artibonite comme la commune de Saint-Marc par exemple, y compris la ville et quelques confins ruraux comme Bois-Neuf, Délugé, Bocozelle et Lalouère. Le Comité Communal de la Protection Civile de Saint-Marc sous la houlette du maire Ti Nico  travaille bien sans faire de propagande inutile ou intempestive. Avec un faible appui (appui quand même !) du Ministère de l’Intérieur, les autorités de Saint-Marc ont pu apporter les premiers soins aux victimes en même temps qu’elles coordonnent l’apport et les contributions des rares ONG œuvrant dans la commune.
Mais ces efforts, quoique louables et opportuns, s’avèrent insuffisants. Toutes les initiatives d’aide et de secours supplémentaires sont les bienvenues.
Voici un bilan partiel de la situation à Saint-Marc (jusqu’au 4 octobre 2016) en accord avec les relevés de la DCP  :

    Quantité
Personnes blessées    9
Personnes décédées    2
Personnes disparues    1
Maisons inondées    184
Maisons faiblement endommagées    98
Maisons fortement endommagées    53
Maisons détruites    64
Ecoles affectées    7
Eglises affectées    3
Enfants sans abris*    487
   
*Il s’agit du nombre de familles sans abris

Ces données rendent compte de la situation partielle des sinistrés en ville, notamment dans les quartiers situés sur le littoral ou bord-de-mer.
Dans la région rurale de Lalouère rattachée à la Ville de Saint-Marc, les dégâts sont bien moindres mais la situation agricole s’est détériorée à cause de la dévastation de certaines cultures lors du passage de l’ouragan. Les relevés effectués jusqu’ici ont permis de classifier 69 Champs de bananiers, plusieurs champs de pastèques, 47 maisonnettes aux toits détruits (les tôles sont enlevées par les vents violents), la détérioration des pistes qui mènent à Grand Fond, à Janain et à Moreau, l’endommagement des structures de soutien (culé) du pont Abricot qui relie toute la zone de Lalouère (100 kilomètres carrés) à la Ville de Saint-Marc.
Comme le souligne le journal Le Quotidien, la réponse à une calamité comme celle que vivent les populations d’Haïti aujourd’hui réclame certes des moyens, mais plus encore : de la coordination. Les organisations internationales qui viendront aider, devraient le faire en symbiose avec les autorités locales et nationales et/ou quand il y a lieu avec les associations civiles de quartier ou de villages là où les gens sont déjà mobilisés et organisés. Cela permettra un meilleur calibrage des réponses.
Une constante est à relever face à ce nouveau défi. L’éveil de conscience tarde à venir ! Le pays meurt à chaque fois.


Communiqué par Travail de rue le 11 octobre 2016 à 08:55


Bonjour jacques

 Voici ce que j’ai reçu de nos collègues en Haïti…

 Bonjour Edwin,

   Je profite de l'occasion pour faire part de la situation sociale et économique du pays par rapport  au passage l'ouragan dévastateur de catégorie 4 qui  pratiquement a détruit les départements de la Grand 'Anse, du sud, des Nippes et  du Sud-est.

  En effet, le pays avant le passage de l'ouragan a connu pas mal de problèmes politiques, socioéconomiques. cependant, la situation est plus aggravante après son passage. Tenant compte  ces départements sur ces points de vue :

Social: Certaines familles se trouvent en situation sociale précaire, leur maisons endommagées et d'autres avec des maisons détruites et leurs parcelles dévastées.

Economique: Certaines autres ne peuvent pas même prendre un plat chaud, leur source de revenues est l'agriculture qui, maintenant est ravagée par le passage de Matthew.

   Face à cette situation désastreuse, nous, dans la plateforme Haïtienne des travailleurs sociaux de rue et communautaires (PLANATRUCH), en tant qu'acteur local  devrions faire le mieux pour apporter notre contribution, le peu qu'il soit a ces populations en situation de vulnérabilité.

   En ce sens, pour donner une réponse à cette situation par ordre prioritaire, nous proposons:

  • A court terme, sécuriser l'alimentation des familles affectées et réhabilitation des maisons endommagées et  les appuyer psychologiquement.
  • A moyen terme relancer l'agriculture des familles paysannes agricoles
  • A long terme Consolider l'économie des familles affectées par l'ouragan Matthew.

Bénito à  Jacmel

 

Communiqué par Géomoun le 17 octobre 2016 à 10:15

Évaluation de la situation à Jacmel et sections communales. Situation Globale pour les 13 communautés
Les Jardins sont détruits à 80%)
60 % du bétails a disparu ou est mort
96 Maisons endommagées
102 Maisons détruites
10 écoles endommagées
Le Matériel scolaire est endommagé et inutilisable
Il y a un besoin urgent de Kits hygiéniques et alimentaires, de semences + outils agricoles  
Lutte contre cholera et le zika (les moustiques sont déjà très présents après l’ouragan) ;
Pour les enfants de rue. Pas de mort. Ils ont besoin : vêtements, nourritures