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Introduction

L’environnement ? En quoi cela me concerne ? C’est l’affaire des décideurs politiques, des élus locaux, de mes voisins voire de la communauté internationale. C’est l’affaire des autres, ce n’est pas la mienne !

Avec un tel raisonnement, pas étonnant qu’Haïti soit dans cet état, un pays à l’agonie où chacun se préoccupe de son bien-être matériel individuel au détriment des autres sans s’inquiéter de la menace qui nous guette tous.

J’ai organisé mon intervention autour de trois catégories d’acteurs :

De la responsabilité des élus locaux

Pour administrer un territoire, un élu local doit connaître et comprendre pour agir.

De la responsabilité des opérateurs du développement en Haïti : dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit ; prêcher par l’exemple

Prenons le cas du styrofoam.

On le trouve partout, dans les agences de coopération, dans les ONG, dans les ministères, dans les restaurants, dans les commerces de rue, dans la rue, dans les arbres, dans les ravines, dans les canaux d’irrigation, dans les palétuviers, dans la mer, dans les poissons.

Il embarrasse (plus ou moins et moins que plus) les décideurs politiques et les organisations bien pensantes car tous l’utilisent. Et, tous sont hors la loi, depuis l’arrêté ministériel du 10 juillet 2013 qui en interdit la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation.

Là où le bât blesse c’est quand le styrofoam est utilisé systématiquement dans des activités de prévention et de gestion des risques et désastres (GRD) ou de sécurité alimentaire. Ce serait même risible si ce n’était pas dramatique.

En 2011 Gonaïves était sous surveillance étroite suite aux épisodes dévastateurs de 2004. A l’heure du repas, des véhicules livrent un plein chargement de ces tristement fameuses boîtes blanches. Ces mêmes boîtes qui se retrouveront dans les ravines de la ville, les boucheront et contribueront aux risques d’inondations. Tout le monde mange avec appétit. Tout le monde se félicite du bon travail effectué sur le terrain. Personne ne se demande où finira la course de ces boîtes. Tout le monde s’en fout, les ventres sont pleins, comme les drains de la ville.

Il y a un moment donné où les opérateurs (locaux et internationaux) avec la caution des institutions financières et les services étatiques doivent questionner leurs stratégies d’intervention.

Il ne s’agit pas de rester obnubilé par le cycle de projet, le cadre logique, les résultats attendus, les objectifs fixés, la pression du bailleur qui ordonne de décaisser vite.

Bien souvent la gestion des projets est focalisée sur le « quoi faire », alors que le « comment faire » est autrement plus important pour garantir la cohérence de l’intervention, la crédibilité du message et le changement des comportements. L’urgence est un mauvais prétexte. On peut faire de l’urgence proprement. Le développement, censé être centré sur l’humain, devrait quant à lui être source d’innovations.

De la responsabilité des citoyen(nes)

Il est grand temps de se laver les yeux, de les ouvrir bien grand, d’arrêter de faire semblant et refuser la normalité anormale et inacceptable que certains voudraient nous imposer. Car il n’est pas acceptable de marcher, manger ou dormir sur les détritus. Il n’est pas acceptable de respirer la fumée de véhicules délabrés inaptes à la circulation. Il n’est pas acceptable de voir passer les camions chargés de charbon de bois venant de zones supposées protégées. Il n’est pas non plus acceptable de fermer les yeux devant les tas de bois et de planches dans les marchés. Rien de tout cela n’est normal. Rien de tout cela n’est acceptable.

Le GAFE estime que le changement passe par une prise de conscience individuelle. Arrêtons de critiquer l’autre pour ce qu’il fait ou ne fait pas et regardons-nous dans le miroir. Pour cela il mise sur l’éducation relative à l’environnement qui prône 5 composantes (selon Marc Boutet, Université de Sherbrooke) :

Le développement de ces cinq composantes permettrait de redéfinir collectivement la relation entre les Haïtiens et leur environnement.

Conclusion

L’environnement ? En quoi cela me concerne ? C’est l’affaire des décideurs politiques, des élus locaux, de mes voisins. C’est l’affaire de tous, c’est mon affaire et c’est la vôtre : signez la pétition pour dire NON au styrofoam en Haïti sur le site du GAFE wwwgafe-haiti.org (rubrique : Nouvelles).

David Tilus